Des migrants irakiens attendent leur tour dans une agence de voyages pour acheter des billets afin de retourner à Bagdad. Reuters/Tuomas Forsell
Plusieurs milliers de réfugiés irakiens arrivés en Finlande l'an dernier ont annulé leur demande d'asile pour rentrer dans leur pays de leur plein gré, en expliquant qu'ils ne parvenaient pas à s'adapter au climat et aux conditions de vie en général.
Environ deux tiers des demandeurs d'asile en 2015 étaient de jeunes hommes irakiens, qui doutent désormais du bien-fondé de leur décision. La Finlande organise à partir de cette semaine leur rapatriement par avion vers Bagdad.
Pour l'heure, quelque 4 100 demandeurs d'asile ont annulé leur demande. Ce nombre devrait atteindre 5 000 dans les mois à venir.
Près de 80 % des migrants qui rentrent chez eux sont de nationalité irakienne. En revanche, seuls 22 Syriens sur 877 et 35 sur 5 214 Afghans ayant requis l'asile à la Finlande ont demandé l'an dernier à rentrer dans leur pays.
« Mon petit garçon est malade, il faut que je rentre », explique Alsaedi Hussein, un Irakien rencontré dans une agence de voyages à Helsinki en train d'acheter un billet d'avion pour Bagdad.
Le gérant de l'agence, d'origine somalienne, explique qu'il vend actuellement 15 à 20 vols par jour pour Bagdad. « Certains disent qu'ils n'aiment pas la nourriture ici, qu'il fait trop froid et qu'ils ne se sentent pas les bienvenus en Finlande. Il y a de nombreuses raisons », ajoute-t-il.
Les migrants qui s'en vont ont dit aux services d'immigration vouloir rentrer dans leurs familles, mais certains expriment aussi leur déception quant à la vie en Finlande.
« Certains disent que les conditions en Finlande, ainsi que le processus d'octroi de l'asile, qui est long, ne correspondent pas à ce qu'ils attendaient ou à ce que les personnes qu'ils ont payées pour leur voyage leur avaient dit », explique Tobias van Treeck, responsable de programme à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les vols charters pour Bagdad, instaurés par les autorités finlandaises, permettront à 100 personnes de rentrer à Bagdad chaque semaine et continueront à faire des rotations tant qu'il y aura de la demande, explique-t-on à Helsinki.
(Source : Reuters)

