À Ramadi, des civils attendant de la nourriture en provenance des Nations unies. Archives/AFP
Le gouverneur de la province irakienne d'Anbar a appelé la coalition conduite par les États-Unis à parachuter des vivres et des médicaments à Fallouja, où des dizaines de milliers de civils sont pris au piège. La ville, située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, est contrôlée par l'organisation État islamique (EI) mais assiégée par les forces gouvernementales irakiennes. « Aucune force ne peut y entrer et sécuriser (l'acheminement d'une aide). Il n'y a pas d'autre option que celle d'un transport aérien », a dit Sohaïb el-Raoui, interrogé tard lundi soir par la chaîne de télévision al-Hadath TV.
D'après des habitants joints par téléphone, la population de Fallouja souffre de pénuries d'aliments, de médicaments et de carburants. Selon les médias irakiens, une dizaine de personnes sont mortes de faim ou par faute de soins. Le gouverneur Raoui a ajouté que les jihadistes de l'EI avaient miné le pourtour de la ville et empêchaient les habitants de fuir. Fallouja est tombée aux mains du groupe d'Abou Bakr el-Baghdadi dès janvier 2014, six mois avant que la prise spectaculaire de Mossoul, dans le nord, ne marque l'émergence des combattants de l'EI. La ville, encerclée par l'armée, la police irakienne et des milices chiites, est soumise à un siège quasi total depuis la fin de l'an dernier.
Les autorités irakiennes, qui ont repris fin décembre le centre de Ramadi, chef-lieu de la province d'Anbar, 50 kilomètres plus à l'ouest, n'ont pas dévoilé leurs intentions concernant Fallouja mais semblent se focaliser davantage sur la reconquête de Mossoul. Lise Grande, coordinatrice de l'Onu en Irak pour les questions humanitaires, a déclaré que les conditions de vie y étaient « terribles ». « Nous sommes extraordinairement inquiets des informations non confirmées faisant état de décès par manque de médicaments ou du fait de la famine », a-t-elle dit.
(Source : Reuters)

