Rechercher
Rechercher

Liban - Affaire Hariri

Un témoin, masqué, interrogé par les juges sur les données téléphoniques

La chambre de première instance au Tribunal spécial pour le Liban a entendu hier un nouveau témoin dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en février 2005.
Le témoin – qui bénéficiait de mesures de protection – est un ingénieur en microélectronique qui travaille, depuis avril 2012, au sein de la société de téléphonie mobile alpha.
Désigné par son employeur et bénéficiant de l'aval du ministère des Télécommunications, le témoin s'exprimait en tant que représentant de la société alpha.
Répondant aux questions, il a expliqué à la cour les modalités techniques de la collecte des données télécoms disponibles aux mains de la société, qu'il s'agisse d'informations relatives à la liste des clients – notamment les détails personnels recueillis sur ces derniers –, aux numéros qui leur sont attribués ou à la localisation géographique (mapping) des appels effectués ou messages écrits.
Les données des télécommunications constituent, dans le cadre de ce dossier, la preuve de base et la pierre angulaire que détient l'accusation, qui a identifié à ce jour cinq accusés.
Interrogé sur son expertise, mais aussi, indirectement, sur l'équipe avec laquelle il collabore, le témoin a insisté sur la « relation de confiance » qui existe avec ses collègues, des experts confirmés formant une équipe pluridisciplinaire et complémentaire, a-t-il indiqué en substance.
Le témoin devait également répondre à des questions portant sur les modalités de collecte de certaines données télécoms, la crédibilité du système technique en vigueur, ainsi que des mesures de vérification de certaines données intéressant l'affaire.
Il a ainsi précisé que les cartes dites prépayées sont aujourd'hui soumises à un contrôle bien « plus rigoureux » qu'avant, pour ce qui est de l'identité de l'utilisateur, par exemple. À ce propos, il a souligné qu'il était difficile toutefois de vérifier si le numéro enregistré au nom d'un utilisateur donné n'a pas été utilisé par une tierce personne.
« Cela ne veut pas pour autant dire que les anciennes données ne sont pas correctes », a tenu à préciser le témoin, soulignant que les mesures de contrôle sont plus strictes de nos jours.
Les interventions répétées et assidues des équipes de la défense, qui ont principalement objecté « la manière suggestive » des questions posées par l'accusation, devaient prouver l'importance de cette nouvelle phase du procès qui s'ouvre avec le témoignage des experts en télécommunications. À la remarque formulée par l'un des avocats au sein des équipes de défense, qui insistait notamment sur la nécessité de poser des questions « directement liées aux faits », le président de la chambre de première instance, le juge David Ré, a fait remarquer à l'avocat que le témoin était habilité à évoquer des questions techniques générales en sa qualité de représentant de la société qui l'a désigné, soulignant qu'il n'est pas venu au tribunal pour « témoigner d'un crime qu'il a vu de ses propres yeux ». « On ne peut tout de même pas demander à tous les employés de la société de venir témoigner », a répliqué le juge.
L'audience, qui reprendra mardi prochain avec le même témoin, devrait en principe se prolonger plusieurs jours.

La chambre de première instance au Tribunal spécial pour le Liban a entendu hier un nouveau témoin dans l'affaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en février 2005.Le témoin – qui bénéficiait de mesures de protection – est un ingénieur en microélectronique qui travaille, depuis avril 2012, au sein de la société de téléphonie mobile alpha.Désigné par son employeur et bénéficiant de l'aval du ministère des Télécommunications, le témoin s'exprimait en tant que représentant de la société alpha.Répondant aux questions, il a expliqué à la cour les modalités techniques de la collecte des données télécoms disponibles aux mains de la société, qu'il s'agisse d'informations relatives à la liste des clients – notamment les détails personnels recueillis sur ces derniers –, aux...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut