L'Organisation mondiale de la santé (OMS), inquiète de « la possibilité d'une propagation au niveau international » de l'épidémie de Zika et face à une « association probable de l'infection avec des malformations congénitales et des syndromes neurologiques », a convoqué un comité d'urgence le 1er février afin de décider si l'épidémie constitue « une urgence de santé publique de portée internationale ». L'OMS souligne particulièrement que le virus à l'origine de la maladie se propage « de manière explosive » sur le continent américain, avec trois à quatre millions de cas attendus cette année.
Selon la directrice de l'OMS, Margaret Chan, l'agence est particulièrement préoccupée en raison du « manque d'immunité » des populations « dans les régions nouvellement infectées » et « de l'absence de vaccins, de traitements spécifiques et de tests de diagnostic rapides ». Et pour ajouter aux inquiétudes, le directeur de l'Institut américain des allergies et maladies infectieuses (NIAID), le Dr Anthony Fauci, a estimé hier qu'il n'y aura probablement « pas de vaccins sûrs et efficaces avant plusieurs années », tout en jugeant cependant prometteuses les approches de recherche. « En outre, a souligné Mme Chan, la situation découlant d'el Nino (phénomène climatique qui favorise le réchauffement climatique) devrait cette année accroître le nombre des moustiques. »
Comme la dengue et le chikungunya, Zika, qui tire son nom d'une forêt en Ouganda où il a été repéré pour la première fois en 1947, se transmet par piqûre de moustique du genre Aedes aegypti ou Aedes albopictus (moustique tigre). Toutefois, deux cas d'infection laissent penser qu'une transmission par contacts sexuels serait possible, a indiqué hier Dr Anne Schuchat, la directrice adjointe des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
Même si le lien causal direct entre virus et complications – comme la microcéphalie et le syndrome de Guillain-Barré – n'a pour le moment pas été établi, il a été recommandé aux femmes de ne pas tomber enceintes dans plusieurs pays et territoires tels que la Colombie, le Salvador, l'Équateur, le Brésil, la Jamaïque et Porto Rico. À l'OMS, la prudence reste toutefois de mise : « Nous ne savons pas si ce virus peut franchir la barrière du placenta », a relevé un responsable. Si les syndromes sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures), chez les femmes enceintes le Zika peut être transmis au fœtus et entraîner des malformations congénitales, telles que la microcéphalie (une diminution du périmètre crânien qui altère le développement intellectuel), voire causer la mort.
(Source : AFP)

