Le chef de la mission de l’Onu en Libye, Martin Kobler, s’exprimant lors d’une conférence de presse à Tunis, hier. AFP/Fethi Belaid
Le chef de la mission de l'Onu en Libye a exprimé hier « l'impatience » de la communauté internationale face à l'incapacité des acteurs politiques libyens à sceller une réconciliation. Martin Kobler, qui s'exprimait devant la presse à Tunis, a prévenu que l'État islamique (EI) s'étendait « vers le Sud », ce qui est « en particulier dangereux pour le Niger et le Tchad », deux pays voisins. Il a indiqué qu'il devait se rendre aujourd'hui à Addis-Abeba pour discuter du dossier avec l'Union africaine (UA).
Deux jours après le rejet en l'état du gouvernement d'union par le Parlement de Tobrouk, qui retarde, voire menace le processus parrainé par l'Onu, Martin Kobler a pour le reste reconnu le soutien unanime de la communauté internationale à l'accord conclu en décembre. « Pas un seul pays n'a dit non » et « il existe une immense volonté, partout, de soutenir la Libye », a-t-il clamé.
Si, contrairement à l'UE, l'hypothèse de sanctions onusiennes contre des responsables libyens accusés d'entraver le processus « n'est pas sur la table », « il m'arrive à moi-même de penser que la situation politique évolue » trop « lentement », a ajouté le diplomate allemand.
Selon lui, « le processus politique doit être plus rapide que l'expansion de Daech » (acronyme arabe de l'EI), car, pendant que « les forces politiques discutent (...) de l'accord », le groupe EI et « les autres organisations terroristes agissent et volent ses terres au peuple libyen ».
Après un laborieux processus de négociations lancé par l'Onu, il y a un an, un accord sur un gouvernement d'union a été signé mi-décembre au Maroc, avec la désignation d'un Premier ministre, Fayez el-Sarraj. Il a toutefois été rejeté lundi, dans sa forme actuelle, par le Parlement internationalement reconnu de Tobrouk. M. Sarraj s'est engagé dès lundi à proposer une nouvelle équipe d'ici à 10 jours, mais la tâche s'annonce délicate.
(Source : AFP)

