Des soldats israéliens déployés en masse hier à l’entrée de la colonie de Beit Horon, où l’attaque au couteau de lundi à coûté la vie à une jeune femme de 24 ans. Ahmad Gharabli/AFP
Une Israélienne de 24 ans a succombé à ses blessures infligées lors d'une attaque au couteau par deux Palestiniens, dans une colonie de Cisjordanie occupée, un décès qui ajoute à la pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Shlomit Krigman n'a pas survécu aux blessures subies lundi dans la colonie de Beit Horon, au nord-ouest de Jérusalem, a annoncé hier une porte-parole de l'hôpital Hadassah à Jérusalem. Elle a été enterrée à Jérusalem. Une autre femme de 58 ans, victime de la même attaque, est soignée dans un autre hôpital, mais sa vie n'est pas en danger, selon une source hospitalière. Leurs agresseurs palestiniens, Ibrahim Allan (23 ans) et Hussein Abou Ghosh (17 ans), ont été abattus par un garde de la colonie alors qu'ils prenaient la fuite.
Cette attaque était la troisième en huit jours à l'intérieur de colonies en Cisjordanie alors que ce territoire palestinien occupé ainsi que Jérusalem et Israël sont secoués par des violences qui ont fait 159 morts palestiniens et 25 israéliens depuis le 1er octobre. La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs d'attaques. Un Américain et un Érythréen ont également été tués dans ces violences.
Plans pour protéger les colonies
Jusqu'à il y a huit jours, les violences n'avaient pas véritablement franchi les portes gardées des colonies. Elles avaient aussi relativement épargné les femmes. En huit jours, quatre habitantes israéliennes des colonies ont été poignardées, dont deux sont mortes. L'irruption de la violence dans les colonies ainsi que l'apparition d'engins explosifs accroissent la pression sur le gouvernement israélien, dans lequel nombre de ministres sont le porte-voix du lobby procolons. Le Premier ministre Netanyahu a indiqué lundi sur son compte Facebook avoir ordonné à ses responsables de sécurité de « préparer un plan approfondi et détaillé pour protéger les colonies ». Il a aussi annoncé que seraient révoqués les permis de travail décernés par Israël aux proches des auteurs de l'attaque de lundi, pour travailler en Israël ou dans les colonies.
L'armée israélienne a bouclé tous les accès au village palestinien de Beit Our al-Tahta, dont était originaire le plus âgé des deux assaillants et qui avoisine Beit Horon, selon une porte-parole militaire. Les entrées et sorties du village ne sont autorisées que pour les « cas humanitaires ». L'armée a aussi pris des mesures pour « renforcer la sécurité » dans les colonies, a ajouté la porte-parole. Environ 400 000 colons israéliens mènent une coexistence conflictuelle avec 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie. Environ 27 000 Palestiniens ont un permis de travail dans les colonies où ils perçoivent des salaires bien plus élevés qu'ailleurs en Cisjordanie, selon des données israéliennes.
Par ailleurs, la Cour suprême israélienne examinera, aujourd'hui à Jérusalem, la demande de remise en liberté du journaliste palestinien Mohammad al-Qiq, qui risque de mourir à tout moment, selon son entourage, après 62 jours de grève de la faim, a indiqué hier son avocat.
Il avait été arrêté le 21 novembre, chez lui à
Ramallah, et avait entamé sa grève de la faim le 25 novembre. Le Shin Beth (sécurité intérieure) l'accuse d'être un membre actif du Hamas.
(Source : AFP)


Jusqu'à la libération totale des terres usurpées
22 h 19, le 27 janvier 2016