La justice française a ordonné hier la « suspension » de la mise en place par le maire d'extrême droite de Béziers d'une « garde » de bénévoles. La création de cette « garde », regroupant des volontaires et censée patrouiller dans les rues de la ville, avait été annoncée début décembre par le maire Robert Ménard, proche du Front national. Non armée, cette garde, qualifiée de « milice » par les opposants au maire, devait, en lien avec la police municipale, signaler tout acte suspect et contribuer à améliorer la sécurité, pendant la durée de l'état d'urgence, en vigueur en France depuis les attentats du 13 novembre à Paris.
La préfecture (qui représente l'État dans la région) avait déposé deux recours devant la justice, le premier pour en bloquer la mise en place, le second pour demander l'annulation de la décision municipale. Dans sa décision, le juge a notamment estimé que « la police administrative constitue un service public qui, par sa nature, ne saurait être délégué ». La justice doit encore se prononcer sur le fond de l'affaire et éventuellement annuler la décision du conseil municipal. Ancien président de Reporters sans frontières, Robert Ménard a été à l'origine de plusieurs polémiques depuis son élection en mars 2014 à la mairie de Béziers, avec le soutien du Front national de Marine Le Pen.
(Source : AFP)

