Hier, des manifestantes devant le café Starbucks pris pour cible, à Djakarta. MananVatsyayana/AFP
La police indonésienne a effectué des raids à travers le pays, hier, au lendemain des attentats de Djakarta.
Quatre assaillants impliqués dans les attentats-suicide et attaques armées perpétrés jeudi dans le centre de la capitale ont été identifiés, et une perquisition dans la maison de l'un de ces hommes a permis d'établir des liens avec l'État islamique (EI) avec la découverte notamment d'un drapeau de l'organisation jihadiste, selon la police. Des raids effectués par les forces de l'ordre à Djakarta et ailleurs dans le pays ont également abouti à la saisie de « livres et posters » liés à l'EI, a déclaré pour sa part le directeur de la police nationale, Badrodin Haiti. Il a ajouté que les cinq assaillants étaient « probablement seulement des exécutants », indiquant que ces attentats pourraient avoir été l'œuvre d'une cellule plus large impliquant d'autres militants qui seraient toujours en fuite. « Nous avons envoyé des équipes dans plusieurs villes pour des opérations contre des cibles que nous avons identifiées », a-t-il dit. La police n'a pour le moment confirmé aucune arrestation liée à ces attentats, comme l'ont rapporté certains médias.
Les enquêteurs du pays musulman le plus peuplé au monde soupçonnent Katibah Nusantarah, un groupuscule d'extrémistes islamistes de l'EI venant d'Asie du Sud-Est et intégrés dans les rangs de l'organisation jihadiste où ils combattent en Syrie et en Irak, d'être impliqué dans ces attentats.
Les assaillants avaient déclenché des attaques à l'aide d'explosifs et d'armes à feu, semant le chaos pendant plusieurs heures dans le quartier de Thamrin qui abrite des centres commerciaux, des gratte-ciel et les bureaux de plusieurs agences de l'Onu ainsi que des ambassades, notamment celle de France. Deux civils, un Canadien et un Indonésien, ont été tués, ainsi que les cinq assaillants.
Le bilan du nombre de blessés est passé de 20 à 24 personnes, parmi lesquelles trois étrangers dont un Néerlandais grièvement blessé, un Algérien et six policiers indonésiens, selon la police.
Renforts de l'armée
Hier, les forces de l'ordre étaient en état d'alerte dans tout l'archipel d'Asie du Sud-Est. « La police nationale est à son plus haut niveau d'alerte, en particulier dans les zones considérées comme des cibles pour des actes terroristes, tels des postes de police, des bâtiments publics, des ambassades, avec le soutien de l'armée », a déclaré M. Charliyan. Il n'a pas précisé le rôle de l'armée, mais des journalistes de l'AFP ont vu passer un convoi de plusieurs véhicules militaires remplis de soldats lourdement armés dans le centre de Djakarta, ainsi que des policiers équipés de gilets pare-balle patrouillant dans les rues.
Un véhicule de police et six agents étaient postés devant le bâtiment abritant l'ambassade de France, non loin du centre commercial Sarinah proche du café Starbucks, tous deux visés jeudi par les assaillants en milieu de matinée dans une artère très fréquentée de ce quartier d'affaires.
Trois kamikazes qui visaient initialement le Starbucks figuraient parmi les assaillants. Deux hommes sur une motocyclette ont détruit une guérite de la police en se faisant exploser. Le géant américain du café a fermé jusqu'à nouvel ordre toutes ses enseignes à Djakarta, par mesure de précaution.
(Source : AFP)

