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Moyen Orient et Monde - Syrie

Les forces prorégime prépareraient une offensive pour reprendre Alep

L'Onu a réclamé hier la fin immédiate du siège des villes syriennes par les belligérants, dénonçant une « tactique barbare ».

Hier, un camion équipé de matériel médical avec un spécialiste et une infirmière est arrivé à Madaya. AFP/Unicef/Stringer

Les combattants prorégime sont sur le point de lancer une offensive majeure pour reprendre le contrôle d'Alep, la deuxième ville de Syrie, a annoncé à l'AFP une source de sécurité de la province du nord. « À travers cette opération, l'armée tente d'élargir sa zone de sécurité autour de la ville », et d'empêcher les rebelles de se réapprovisionner depuis les environs, a déclaré la source.
Alep, ancienne capitale économique, est ravagée par les violences depuis 2012. Elle est divisée entre quartiers ouest contrôlés par le gouvernement et quartiers est sous contrôle rebelle. La province éponyme est quasi entièrement aux mains du Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, et de ses alliés islamistes, ou du groupe jihadiste État islamique. Les forces prorégime, appuyées par les bombardements de l'aviation russe et les combattants étrangers, ont récemment progressé vers le sud et le sud-est de la ville. « Ce sera la plus grande opération militaire en Syrie depuis le début de la guerre », a prévenu un officier des forces prorégime, précisant que ces dernières combattaient sur plusieurs fronts autour d'Alep pour isoler l'est de la ville. Selon le géographe français Fabrice Balanche, les combattants rebelles retranchés dans la ville ont mis en place des « lignes de défense » contre les attaques depuis les quartiers ouest.
Parallèlement, du personnel humanitaire portait secours hier aux habitants de la localité rebelle syrienne de Madaya. Dans cette cité à l'ouest de Damas, où la moitié des habitants ont moins de 18 ans, des êtres faméliques ont enfin reçu cette semaine, après des mois d'attente désespérée, une aide humanitaire fournie par les agences de l'Onu, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge syrien (SARC). Des convois de ces organisations ont pénétré lundi et jeudi dans cette localité de 40 000 habitants après six mois d'un siège implacable de l'armée syrienne.
Et hier, un camion équipé de matériel médical avec un spécialiste et une infirmière est arrivé sur place et « a offert durant plusieurs heures des premiers soins aux habitants », a expliqué le chef des opérations du SARC Tamam Mehrez. Selon lui, le SARC prépare en outre l'ouverture d'un centre médical permanent à Baqine, adjacent de Madaya, afin d'offrir des soins médicaux aux localités environnantes.
« Ce que vous ressentez, c'est l'ampleur de la faim. Toutes les personnes vous répondent qu'elles ont survécu avec de la soupe faite de beaucoup d'eau, d'épices, de feuilles et d'herbes », raconte Hanaa Singer, la représentante de l'Unicef à Damas, qui s'est rendue sur place.

« Est-il mort ? »
Elle fait notamment état d'« enfants (qui) mendient un morceau de pain ». Mais parfois, la mort a été plus rapide que les secours. Ainsi, Ali, un garçon de 16 ans, est mort devant Mme Singer et une médecin de l'Unicef qui l'accompagnait.
« Nous avons vu dans un sous-sol deux adolescents partageant le même lit », raconte Hanaa Singer. Ils étaient « squelettiques ». La doctoresse s'est approchée de l'un d'eux qui paraissait particulièrement faible. « Elle l'a examiné. Son pouls s'était arrêté. Elle a essayé de lui redonner vie. Une, deux, trois fois. Puis elle m'a regardée et m'a simplement dit : Il s'en est allé. Elle lui a fermé les yeux », a-t-elle expliqué à l'AFP par téléphone. Selon elle, l'autre garçon partageant le lit murmurait désespérément : « Est-il mort ? est-il mort ? » La doctoresse lui a alors dit : « Tu dois faire attention à toi, ça va aller », a poursuivi la représentante de l'Unicef. La famille d'Ali semblait exténuée. « Ils ne pouvaient même plus exprimer leur tristesse. Ils pleuraient en silence », poursuit-elle.
Ali est la dernière personne à mourir de malnutrition à Madaya. Selon Médecins sans frontières (MSF), une vingtaine de personnes sont mortes depuis début décembre. « C'est totalement inacceptable que de telles choses arrivent au XXIe siècle. Et n'oublions pas qu'il y a 14 autres Madaya, c'est-à-dire des villes assiégées où vivent 400 000 civils », ajoute Hanaa Singer.
L'Onu a réclamé hier la fin immédiate du siège des villes syriennes par les belligérants, dénonçant une « tactique barbare ». « Il n'y a pas de raison ni d'explication ou d'excuse valable pour empêcher des gens qui en ont besoin d'être secourus », a affirmé une responsable des opérations humanitaires de l'Onu, Kyung-Wha Kang, devant le Conseil de sécurité réuni en urgence.
La demande de cette réunion vise aussi, selon l'ambassadeur français François Delattre, « à contribuer à créer des conditions plus favorables pour une reprise » des négociations entre régime et opposition attendues le 25 janvier à Genève.
La Russie, qui y intervient depuis le 30 septembre en soutien aux troupes du régime, a annoncé que l'accord sur son déploiement militaire en Syrie, où des dizaines d'avions de chasse russes effectuent des raids aériens, « est conclu pour une période sans limite », ce qui ouvre théoriquement la voie à une présence militaire permanente dans le pays.

(Sourceb: AFP)

Les combattants prorégime sont sur le point de lancer une offensive majeure pour reprendre le contrôle d'Alep, la deuxième ville de Syrie, a annoncé à l'AFP une source de sécurité de la province du nord. « À travers cette opération, l'armée tente d'élargir sa zone de sécurité autour de la ville », et d'empêcher les rebelles de se réapprovisionner depuis les environs, a déclaré la source.Alep, ancienne capitale économique, est ravagée par les violences depuis 2012. Elle est divisée entre quartiers ouest contrôlés par le gouvernement et quartiers est sous contrôle rebelle. La province éponyme est quasi entièrement aux mains du Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, et de ses alliés islamistes, ou du groupe jihadiste État islamique. Les forces prorégime, appuyées par les bombardements de l'aviation...
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