Derrière les tentes de la « Jungle » de Calais, le nouveau centre d’accueil provisoire pour les migrants (CAP), constitué de conteneurs spécialement aménagés. Philippe Huguen/AFP
Sur ordre des autorités françaises, les migrants de la « Jungle » de Calais devaient commencer hier à évacuer une partie de ce camp de fortune, habité par 4 000 personnes, dans le nord de la France. Les constructions précaires des réfugiés, abris et boutiques de fortune installés à moins de 100 mètres d'une rocade menant au port de Calais qui dessert l'Angleterre devront être déplacées pour des raisons de sécurité d'ici à la fin de la semaine, ont exigé les autorités françaises. Les migrants concernés, entre 500 à 700, seront « prioritaires pour accéder à une place » dans des conteneurs, inaugurés lundi dans un lieu proche et pouvant accueillir 1 500 personnes.
« Ils nous disent que les nouveaux conteneurs sont mieux, mais il n'y a ni douche ni cuisine et les gens ont surtout peur des scans de la main », qui pourraient les faire revenir en France s'ils arrivent à entrer en Angleterre, souligne Sikander Nouristani, représentant de la communauté afghane. Baptisé Centre d'accueil provisoire (CAP), le nouveau site est clos et pour y entrer les migrants doivent passer la paume de la main dans un appareil de reconnaissance. Les autorités ont promis de ne pas enregistrer les empreintes, une exigence récurrente des migrants. M. Nouristani souligne que « les gens ne viennent pas dans la Jungle pour dormir et manger. Ils sont ici pour essayer d'aller en Angleterre. Ils ont peur que ce soit plus difficile depuis les conteneurs car le camp ressemble à une prison ».
Pour les autorités, le nouveau site vise à garantir à la fois « la sécurité des migrants, des riverains et des utilisateurs de la rocade », ces migrants tentant régulièrement d'envahir la route afin de monter à bord des camions allant embarquer pour l'Angleterre.
Une partie de la population locale redoute que la méfiance des migrants envers le CAP ne génère la création de nouveaux petits campements sauvages dans la région, où les tensions se sont exacerbées au fil des années. En quelques mois, de vastes grillages et des clôtures barbelées ont été élevés autour des infrastructures portuaires, de plusieurs axes routiers, mais également du site d'Eurotunnel dans la bourgade voisine de Coquelles, où des secteurs boisés ont été entièrement rasés et des terrains ont même été récemment inondés pour faire obstacle aux intrusions de migrants. Le déploiement au quotidien des forces de l'ordre y est impressionnant.
(Source : AFP)

