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Sport - Éclairage

Diack père et fils : affaire(s) de famille

« L'athlétisme est une grande famille » : la phrase fétiche de l'ancien patron de ce sport, Lamine Diack, résonne ironiquement aujourd'hui car le patriarche sénégalais de 82 ans et l'un de ses fils, Papa Massata, sont mis en cause dans une vaste affaire mêlant corruption et dopage.
Papa Massata Diack est l'un des 15 enfants du patriarche. Ex-consultant marketing de la Fédération internationale (IAAF), il a été radié à vie de l'athlétisme par la commission d'éthique de l'instance, le 7 janvier. Cité dans l'enquête judiciaire visant son père, Papa Massata Diack avait affirmé, le 22 décembre, qu'il était prêt à répondre à la justice, mais pas en France. « Je suis au Sénégal, où il est (possible) d'envoyer une commission rogatoire. Je suis citoyen sénégalais, mais pas citoyen français », avait déclaré le fils Diack dans son unique interview, accordée à la radio Futurs médias.
Pour prononcer la suspension à vie de Papa Massata, la commission d'éthique de l'IAAF s'est appuyée sur le cas de la Russe Liliya Shobukhova, spécialiste du fond. Selon cette athlète, quelque 600 000 dollars de pots-de-vin lui ont permis de participer aux JO 2012 de Londres. Elle est malgré tout tombée pour dopage peu après et a demandé le remboursement de ces sommes. Selon la commission d'éthique de l'IAAF, elle n'a obtenu que 300 000 euros de remboursement en 2014, par le biais d'une compagnie de Singapour, Black Tidings, dirigée par un ami de Papa Massata Diack.
Ce scandale complexe dépasse de très loin le cadre du sport : il a eu des répercussions politiques au Sénégal, où Lamine Diack jouissait d'une aura de vieux sage avisé grâce à son passé de sportif et d'élu (maire de Dakar et parlementaire). Mi-décembre, Le Monde avait publié des extraits de ses déclarations en garde à vue dans le cadre de l'enquête française. L'octogénaire y mentionnait une contribution de 1,5 million d'euros apportée par la Russie. Selon ses déclarations, cette somme aurait été « distribuée à des associations et des sphères d'influence » pour contribuer à éviter une réélection à un 3e mandat d'Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012. Diack avait ensuite affirmé, dans un communiqué de ses avocats, n'avoir jamais remis d'argent à Macky Sall. Papa Massata, lui, avait mis les déclarations de son père sur le compte du « poids de l'âge », niant tout financement occulte.

Prohibition
Le fils Diack avait dû quitter ses fonctions à l'IAAF en décembre 2014, accusé par des médias britanniques d'avoir demandé quelque 5 millions de dollars pour appuyer la candidature de Doha (Qatar) aux Mondiaux d'athlétisme 2017, finalement attribués à Londres. Interrogé sur son fils lors de sa conférence d'adieux en août à Pékin, Lamine Diack s'était emporté, bredouillant explications et tentatives de justifications. Aucun de ses voisins, dont son successeur à la tête de l'IAAF, le Britannique Sebastian Coe, n'était intervenu, visiblement gênés.
Élu en 1999 premier président non européen de l'institution gérant le principal sport olympique, Diack se flatte d'avoir mondialisé sa discipline. Sur le plan comptable, les recettes de télévision et de sponsoring se sont élevées en 15 ans à plus d'un milliard d'euros, et les réserves financières de l'IAAF, basée à Monaco, se chiffrent à quelque 60 millions d'euros. La lutte antidopage a pourtant connu de réelles avancées sous le mandat du Sénégalais, avec par exemple la mise en place du passeport biologique pour instaurer un suivi des athlètes.
Pour une source proche de l'IAAF, ce paradoxe n'est qu'apparent, et cette législation très sévère servait d'écran de fumée pour masquer des arrangements en coulisses : « C'est comme si la loi sur la prohibition aux États-Unis avait été détournée au profit de ceux qui l'avaient votée. »
(Source : AFP)

L'IAAF avait mis en garde la Russie en 2009

L'ex-secrétaire général de l'IAAF, Pierre Weiss, a confirmé hier avoir adressé deux lettres en 2009 à la Fédération russe pour la mettre en garde sur les nombreux cas de dopage chez ses athlètes. Ces deux lettres, révélées hier par l'agence Associated Press, avaient été envoyées, « parmi tant d'autres (...), en juin et en octobre 2009, donc en amont et en aval des Mondiaux d'athlétisme de Berlin », a précisé M. Weiss. Ces courriers exhortaient les autorités russes à porter remède à ce grave problème de dopage. « En 2009, le passeport biologique n'était qu'un indicateur. Il n'avait aucune valeur juridique. Ce n'est qu'en 2011 qu'on a commencé à suspendre des athlètes pour des valeurs bizarres », a rappelé Weiss.

« L'athlétisme est une grande famille » : la phrase fétiche de l'ancien patron de ce sport, Lamine Diack, résonne ironiquement aujourd'hui car le patriarche sénégalais de 82 ans et l'un de ses fils, Papa Massata, sont mis en cause dans une vaste affaire mêlant corruption et dopage.Papa Massata Diack est l'un des 15 enfants du patriarche. Ex-consultant marketing de la Fédération internationale (IAAF), il a été radié à vie de l'athlétisme par la commission d'éthique de l'instance, le 7 janvier. Cité dans l'enquête judiciaire visant son père, Papa Massata Diack avait affirmé, le 22 décembre, qu'il était prêt à répondre à la justice, mais pas en France. « Je suis au Sénégal, où il est (possible) d'envoyer une commission rogatoire. Je suis citoyen sénégalais, mais pas citoyen français », avait déclaré...
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