Une photo diffusée sur le site des gardiens de la révolution montrait hier les dix marins américains détenus en Iran. Source/Sepah News/AFP
L'Iran et les États-Unis ont cherché à éviter une crise avec la libération rapide hier de marins américains détenus par Téhéran, à quelques jours de l'entrée en vigueur attendue de l'accord historique sur le nucléaire.
« Je veux remercier les autorités iraniennes pour leur coopération et leur réponse rapide (...). Nous pouvons tous imaginer comment une situation semblable pourrait avoir évolué il y a 3 ou 4 ans », a dit le secrétaire d'État américain John Kerry après la libération de dix marins qui s'étaient égarés dans les eaux iraniennes. Son homologue iranien Mohammad Javad Zarif a lui aussi joué l'apaisement en se félicitant du règlement rapide de l'affaire par « le dialogue et le respect », loin de la politique « des menaces ».
En principe, toujours adversaires depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en 1980, l'Iran et les États-Unis ont amorcé un rapprochement à la faveur des longues négociations sur le programme nucléaire iranien couronnées le 14 juillet par un accord historique entre Téhéran et les grandes puissances. Interceptés mardi à bord de deux petits navires rapides de guerre au large de l'île iranienne de Farsi, dans le nord du Golfe, les dix marins, neuf hommes et une femme, ont été libérés hier après moins de 24 heures de captivité. « Après avoir présenté des excuses, ils ont été libérés dans les eaux internationales » car « leur entrée dans les eaux territoriales iraniennes n'était pas intentionnelle », ont annoncé les gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime. Le département d'État a affirmé que M. Kerry, qui s'était entretenu dans la nuit au téléphone avec M. Zarif, n'avait pas présenté d'excuses pour l'incident. La télévision d'État a montré une vidéo des marins durant leur détention, assis et les mains sur la tête. Sur d'autres images, un Iranien montre leurs passeports, on les voit aussi assis à même le sol sur des tapis en train de manger.
Erreur de navigation
Dès le début de cette affaire, Washington avait évité de jeter de l'huile sur le feu en affirmant que les marins seraient libérés rapidement. Côté iranien, l'amiral Ali Fadavi, commandant des forces navales des gardiens de la révolution, a expliqué que l'action des marins n'était pas « hostile » et a parlé « d'une panne de leur système de navigation ».
Les États-Unis maintiennent une importante présence militaire dans les eaux stratégiques du Golfe, leur Ve Flotte siégeant notamment à Bahreïn. Dans le passé, plusieurs incidents y avaient opposé leur marine aux forces navales iraniennes. La marine américaine privilégie l'hypothèse d'une erreur de navigation pour expliquer l'entrée « non intentionnelle » des bateaux dans les eaux iraniennes. À leur sortie des eaux iraniennes, les marins libérés ont été transférés sur un bateau américain. Pour Téhéran, les nombreux « contacts téléphoniques menés à l'approche de l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire ont permis de régler plus rapidement » l'affaire.
Nucléaire, au plus tard dimanche
Celle-ci est survenue alors que l'Iran achève la mise en application de ses engagements prévus par l'accord nucléaire qui vise à limiter ses activités sensibles en échange d'une levée progressive et contrôlée des sanctions internationales. Juste après la libération des marins, l'un des principaux négociateurs nucléaires iraniens, Abbas Araghchi, a en effet affirmé que l'entrée en vigueur officielle de l'accord devrait intervenir au plus tard dimanche. « L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit rendre son rapport (demain) » pour confirmer que l'Iran a tenu ses engagements, et « (demain), samedi ou dimanche nous annoncerons l'application de l'accord », a-t-il dit. L'AIEA n'a pas confirmé cette annonce. Mais, selon un responsable iranien, un « grand nombre » d'inspecteurs de l'AIEA se trouvent en Iran pour vérifier les mesures prises par Téhéran. Selon M. Araghchi, un « communiqué commun » sera publié par M. Zarif et la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini au nom des puissances du groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) pour officialiser l'application de l'accord.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Irangate ! Irangate ! Irangate !
08 h 52, le 14 janvier 2016