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Le Liban en 2015

Au Liban, les commerçants ont dû s’adapter pour être à la fête

Si les fêtes de fin d'année ont été une bouffée d'oxygène pour la plupart des professionnels, certains ont pâti de la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs, libanais comme étrangers.

05/01/2016

Comme toujours, les fêtes de fin d'année ont représenté une période cruciale pour les commerçants et professionnels de l'hôtellerie-restauration, qui comptaient sur cette bouée de sauvetage pour compenser une année très difficile. Et à première vue, le bilan est globalement positif. « Nous avons fait un très bon mois de décembre, qui a représenté environ 15 % de notre chiffre d'affaires annuel », témoigne Dalida Nahas, directrice marketing du groupe ABC. « Nos chambres ont atteint des taux d'occupation proches des 100 %, spécialement autour du réveillon, tandis que nos restaurants étaient pleins tous les jours, de la troisième semaine de décembre à la première de janvier », se réjouit Tamara Salha, directrice de l'hôtel Phoenicia.

Dépenses limitées
Cependant, pour la plupart des professionnels interrogés, le constat est plus nuancé. « La plupart des hôtels de la capitale ont continué de souffrir des conséquences de la situation politique sur les touristes », affirme Pierre Achkar, président du syndicat des hôteliers. Car depuis la guerre en Syrie, la clientèle des pays du Golfe, à fort pouvoir d'achat, se fait toujours rare. « Nous avons plutôt reçu des touristes de Syrie, de Jordanie, d'Égypte et d'Irak qui dépensent moins et séjournent moins longtemps », se désole M. Achkar.
Autre cible convoitée, les expatriés. « Comme chaque année, on a vécu "l'attaque des expats" et avons servi plus de 130 personnes par soir au Kissproof pendant trois semaines non-stop », se félicite par exemple Yves Khoury, directeur général des pubs Kissproof, Vyvyans et Happy Prince. Mais tous les expatriés n'étaient pas au rendez-vous. « Beaucoup d'entre eux ne sont venus que quelques jours voir leurs proches avant de poursuivre leurs vacances ailleurs », regrette le président du syndicat des restaurateurs, Tony Ramy. Quant aux résidents, ils s'adaptent à la crise en limitant leurs dépenses au strict nécessaire. « Le marché a été légèrement plus faible que l'an dernier (-4 %) à Noël. Le consommateur libanais attend les bonnes offres et achète les biens les moins chers, tandis qu'avant il privilégiait la qualité et était prêt à s'endetter », résume Romen Mathieu, le PDG de Khoury Home.


Braderie quasi générale
Pour pouvoir attirer un maximum de clients, les professionnels ont donc dû redoubler d'efforts. « La majorité de nos magasins ont choisi de baisser leurs prix, ce qui a permis à certains de faire de meilleurs ventes que l'an dernier », observe Michel Abchee, PDG du City Mall. « Plusieurs établissements ont gardé leurs cartes habituelles au lieu des formules spéciales (nettement plus chères) pour le réveillon afin d'encourager les clients à venir », explique M. Ramy. Quant aux soirées organisées par les établissements de nuit pour le réveillon, « les tickets moyens ont varié entre 150 et 250 dollars en moyenne, contre 500 entre 2009 et 2011 », ajoute-t-il. De fait, certains concepts de soirées à prix modérés (entre 30 et 140 dollars selon la date d'achat) ont fait fureur auprès des 20-35 ans. « Les tickets ont commencé à se vendre dès novembre pour deux soirées de réveillon sur lesquelles nous avons très peu communiqué », se réjouit Hady Abou Chacra, directeur associé de The Grand Factory. Chez les hôteliers, aussi, « la compétition s'est jouée sur les prix, en baisse continue », confirme de son côté M. Achkar. Néanmoins, tous n'ont pas dû se plier à cette braderie généralisée. « Nous avons maintenu les prix de haute saison, en proposant des chambres entre 450 et 4 500 dollars la nuitée », affirme ainsi Rita Saad, responsable marketing de l'hôtel Le Gray.

Pour attirer l'attention et le portefeuille de Libanais toujours plus économes, il a aussi fallu innover en matière de marketing. Les centres commerciaux n'ont ainsi pas lésiné sur les moyens pour proposer des décorations somptueuses. La communication en ligne a aussi été privilégiée. « Nous avons publié un classement des 50 meilleurs jouets que nous recommandons sur les réseaux sociaux, ce qui a beaucoup influencé nos ventes », raconte Carel Bardawil, directrice de la communication chez JouéClub. « Nous avons également profité de l'engouement suscité par la sortie du nouveau Star Wars en s'associant avec une salle de cinéma pour y distribuer des robots BB-8 à la sortie des projections, et contribuer au succès de leurs ventes », ajoute-t-elle.

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