Le président américain Barack Obama. Nicholas Kamm/AFP
Il lui reste encore 12 mois au pouvoir, mais l'heure du bilan a déjà sonné. Barack Obama déclinera cette semaine sa vision de l'Amérique, bien au-delà de son mandat.
Lorsqu'il prononcera demain son ultime discours sur l'état de l'Union au Capitole, face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat, le président américain expliquera pourquoi il n'a « jamais été aussi optimiste » depuis son arrivée au pouvoir. L'angle d'attaque vise bien sûr à mettre en valeur son action au cours des sept années écoulées en pensant à sa place dans les livres d'histoire. Mais l'objectif est aussi de marquer le contraste avec la cohorte de républicains qui espèrent lui succéder, Donald Trump en tête, accusés par l'exécutif de jouer sans vergogne sur les « peurs et les angoisses » des Américains.
« Je veux insister, au-delà des progrès remarquables que nous avons accomplis, sur ce que nous devons faire ensemble dans les années à venir. Les grandes choses qui garantiront à nos enfants une Amérique encore plus forte et plus prospère », a expliqué M. Obama en évoquant ce discours sur lequel il travaille depuis des semaines. À l'exception peut-être d'une allocution en juillet à Philadelphie lors de la Convention démocrate, ce pourrait bien être le dernier rendez-vous où il bénéficiera d'une audience aussi importante en prime time.
Mais opter pour une tonalité trop positive comporte un risque : apparaître en décalage avec la population au moment où domine l'inquiétude de nouveaux attentats jihadistes, après la fusillade de San Bernardino (Californie). Et l'arrestation, vendredi à Philadelphie, d'un sympathisant du groupe État islamique qui a tenté de tuer un policier est venue raviver ces craintes. La Maison-Blanche promet un discours « non traditionnel » et un ton qui tranchera singulièrement avec celui des débuts. « Notre économie est affaiblie et notre confiance ébranlée », lançait Barack Obama lors de son tout premier grand discours devant le Congrès, le 24 février 2009. Les bons chiffres de l'emploi, avec un chômage à 5 %, au plus bas depuis sept ans, devraient cette fois être mis en avant. Mais aussi les récents succès : le rapprochement avec Cuba initié il y a un peu plus d'un an, l'accord sur le nucléaire iranien ou encore l'offensive au long cours sur le climat, couronnée par un accord mondial à Paris en décembre.
(Source : AFP)

