L'armée de l'islam (Jaïch el-Islam) a estimé qu'il était inacceptable d'engager des négociations sur une solution politique au conflit en Syrie tant que des civils mouraient de faim ou dans des bombardements. Dans un communiqué, le groupe rebelle, qui fait partie d'un nouveau conseil chargé de superviser les négociations pour l'opposition, explique que « le meilleur moyen de contraindre le régime (syrien) à accepter une solution (politique) et à s'y tenir » est d'autoriser des États à soutenir l'opposition en fournissant aux insurgés des moyens de défense aérienne. Le communiqué, transmis par un porte-parole, affirme que l'organisation s'assurerait que ces armements ne tomberaient pas aux mains de groupes qui pourraient les utiliser « illégalement ».
Le gouvernement syrien avait, de son côté, insisté samedi auprès du médiateur de l'Onu pour voir la liste de la délégation de l'opposition qui se rendra aux négociations, a indiqué l'agence officielle Sana. À l'issue d'une rencontre à Damas avec Staffan de Mistura à Damas, le chef de la diplomatie Walid Moallem a confirmé que son gouvernement participerait aux négociations de paix censées débuter le 25 janvier. Mais M. Moallem a jugé « nécessaire » que son gouvernement puisse avoir connaissance des noms des groupes de l'opposition qui se rendront aux négociations ainsi que de la liste que doit fournir la Jordanie sur les groupes rebelles armés qui seront considérés comme des « organisations terroristes ».
Le régime considère comme « terroriste » toute personne ou groupe ayant pris les armes pour le renverser depuis le début de la révolte déclenchée par la répression en mars 2011 de manifestations pacifiques réclamant des réformes dans le sillage du printemps arabe. Le succès « des efforts pour une solution politique (...) dépend du sérieux des efforts de lutte contre le terrorisme », a déclaré M. Moallem, cité par Sana.
Dans un communiqué, le porte-parole du médiateur de l'Onu a qualifié d'« utiles » les discussions de M. de Mistura avec M. Moallem qui ont porté sur les négociations futures entre régime et opposition.
Moyen Orient et Monde
Jaïch el-Islam accroît le doute sur les discussions de paix
OLJ / le 11 janvier 2016 à 00h00

