Un dramatique ciel d’orage au-dessus de Ramlet el-Baïda.
Comme chaque année, l'hiver fait des ravages au Liban, et chaque jour de pluie occasionne des dégâts à Beyrouth et dans les zones limitrophes du pays. Des routes se transforment en étangs, des poteaux électriques sont déracinés comme des arbres, des maisons s'effondrent et des serres agricoles en plastique sont emportées par le vent.
Hier, c'est le Liban-Nord, notamment le Akkar, qui a été le plus touché par la tempête. Dans ce caza, la vitesse du vent a atteint les 80 kilomètres à l'heure alors qu'une pluie torrentielle s'est abattue sur plusieurs villages, provoquant des inondations et des glissements de terrain.
Notre confrère Michel Hallak rapporte qu'il a été difficile, hier, aux automobilistes de franchir les routes côtières dans le Akkar. Celles-ci se sont transformées en étangs, notamment parce que le réseau de caniveaux qui devait recevoir l'eau de pluie était bouché. Les pompiers sont intervenus pour aider certains automobilistes à sortir de leurs véhicules quasiment noyés par les eaux de pluie.
À Abdé, des fonds de commerce, situés sur la route principale, ont été inondés.
Sur la côte du Liban-Nord, le plafond de la mosquée al-Qods, dans le camp des réfugiés palestiniens de Beddaoui, s'est effondré sans faire de victimes. Des champs agricoles dans la plaine du Akkar ont été inondés et des serres ont été déchirées par le vent. La tempête a également détruit d'autres serres sur la côte du Batroun et de Kfaraabida.
Les réfugiés syriens dans le Akkar ont eu, eux aussi, leur lot de malheurs. Les 150 campements champignons du caza ont été touchés par la pluie diluvienne. Situés sur un sol agricole poreux, ces campements ont été inondés, alors que des dizaines de tentes en plastique, seul toit au-dessus de la tête des réfugiés, ont été détruites par la vitesse du vent. Les camps les plus touchés se trouvent dans les villages de Tell Abbas, de Miniara et de Marj el-Kheil. Les réfugiés ont appelé l'UNHCR à intervenir rapidement pour les aider.
Dans la Békaa, deux enfants réfugiés, Ahmad Hussein Jabiri, né en 2005, et Hussein Chaoui Chaoui, né en 2006, se sont noyés dans le fleuve al-Ghazil. Ils habitaient tous deux le camp de Hoch el-Harimé, dans le caza de Zahlé. La Croix-Rouge est intervenue rapidement et a réussi à repêcher leurs corps.

