Julien Khazzouh avec les Sidney Kings… L’Australo-Libanais ne devrait pas être trop dépaysé sous ses nouvelles couleurs qui sont également jaunes. Mais ce n’est pas sûr, par contre, qu’il gagnera au change côté géographie...
Décidément, Julien Khazzouh n'en finit pas de faire parler de lui... Après avoir pris la poudre d'escampette par une porte dérobée en plein milieu du championnat la saison dernière, laissant derrière lui ses camarades du club de La Sagesse, les dirigeants et ses nombreux fans, interloqués par un comportement pour le moins stupéfiant, l'Australo-Libanais avait rejoint les rangs de l'équipe des Sidney Kings pour une pige de cinq mois contre un joli pactole de 100 000 dollars.
La Sagesse avait beau avoir recours au Tribunal arbitral de basket-ball (TAB), ce dernier se contentait d'infliger au joueur une amende de 80 000 USD, sans toutefois le suspendre ou l'obliger à retourner dans les rangs du club libanais pour respecter la durée restante de son contrat...
Les cinq mois avec les Sidney Kings écoulés, et l'équipe n'ayant apparemment pas renouvelé son bail, Khazzouh, pas suspendu pour un sou, active ses réseaux pour tenter un come-back dans sa patrie d'origine...
Bingo ! Le joueur touche le jackpot, car une oreille locale complaisante est à l'écoute. En effet, le Club sportif de Beyrouth, toujours à l'affût d'un coup, bon ou moins bon, et qui ne manquerait pour rien au monde une occasion d'ennuyer son « meilleur ennemi » (c'est-à-dire La Sagesse), flaire l'affaire du siècle et enclenche les négociations avec l'agent du joueur – des pourparlers qui, selon les rumeurs, en seraient déjà à un stade assez avancé, avec à la clé un juteux contrat de trois ans et des émoluments digne d'un joueur NBA...
Le Club sportif, pour tenter de se dédouaner, jure ses grands dieux qu'il ne ferait rien en contradiction avec le jugement énoncé par le TAB, sauf que celui-ci ne fait aucunement part d'une quelconque suspension, se bornant à imposer une amende de 80 000 USD que le joueur devrait payer à son ancien employeur, et que le nouveau va se faire un plaisir de régler en argent comptant. Enfoncer un ami déjà dans la boue n'a pas de prix, c'est bien connu...
Une idéologie élastique
Mais le pire dans cette histoire, somme toute banale dans le monde impitoyable du sport libanais et des tensions exacerbées entre les différents clubs, est sans aucun doute la volte-face effectuée par le Riyadi lui-même qui, il y a un peu plus d'un an, était le chef de file des opposants à la venue de Khazzouh au Liban, allant même jusqu'à demander avec indignation à la Fédération libanaise de basket-ball de résilier son contrat avec La Sagesse et de lui interdire de fouler les parquets libanais, pour avoir déjà évolué sous les couleurs d'une obscure équipe israélienne il y a quelques années...
Heureusement pour tout le monde, le tribunal militaire de Beyrouth avait tranché la question avec une grande sagesse (c'est le cas de le dire), en trouvant la bonne formule pour permettre à Khazzouh d'honorer son contrat avec les Verts, faisant du même coup taire tous les détracteurs, dont bien sûr le Riyadi, qui avait mal avalé la pilule...
Mais depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et le Club sportif, quand il a réalisé que son intérêt était en jeu, a balayé d'un revers de la main tous ses préjugés et ses certitudes idéologiques passées, et s'apprête maintenant à accueillir Julien Khazzouh dans ses rangs à bras ouverts...
Et maintenant Abou-Chacra...
Mais les malheurs des Verts ne s'arrêtent pas là... Une semaine presque après avoir été défait contre toute attente en finale de la Coupe du Liban face à l'équipe de Byblos, le club doit faire face à un nouveau problème d'ordre financier, avec son ancien entraîneur de l'équipe première, Fouad Abou-Chacra.
Ce dernier aurait en effet officiellement notifié tous les dirigeants et membres du conseil d'administration du club, via son avocat, d'une mise en demeure les obligeant à régler le montant des sommes qui lui sont dues, et dont le solde dépasse le demi-million de dollars, entre des arriérés de salaires de l'ordre de 399 000 USD, auxquels vient s'ajouter une dette qu'il aurait lui-même octroyée au club et qui s'élèverait à 104 000 USD !
L'ex-coach aurait même refusé un retour sur le banc qui lui avait été récemment proposé par La Sagesse, au motif que les conditions salariales avaient été revues à la baisse, ce qu'Abou-Chacra n'a pas trop apprécié...

