Épisode VII
Le Réveil de la Force
Le monde entier retenait son souffle. Tous les fans du monde qui, deux semaines avant la sortie d'un Star Wars, squattent le bitume devant les salles de cinéma. Ceux qui ressortent leur sabre laser de leur armoire et le lustrent pour l'occasion. Ceux qui portent leurs casques blancs, et même les femmes qui relèvent leurs nattes en chignon. Ils ont tous retenu leur souffle depuis que, l'onde de choc, George Lucas, créateur de la galaxie, avait jeté l'éponge : « Plus jamais de Star Wars », avait-il dit. Mais voilà qu'en ce 30 octobre 2012, la maison Disney annonce la mise en chantier d'un nouvel épisode. En échange de 4,05 milliards de dollars, George Lucas cède son vaisseau spatial.
Abrams dans la galaxie (Disney)
Depuis ce jour, une nouvelle angoisse s'est emparée des aficionados. Qui sera à même de prendre la relève? Qui sera le père adoptif de La Force ? Qui osera s'engager dans une pareille entreprise sans risquer le naufrage? La responsabilité était trop lourde. Détruire ce legs de l'humanité (et ce n'est pas peu) ferait ressusciter La Force, mais susciterait, également, l'ire de son père naturel.
Ayant d'abord décliné la proposition, J.J. Abrams, le petit protégé de Spielberg (Lost, Super Eight), a été séduit, surtout que l'expérience Star Trek l'avait déjà familiarisé aux soucoupes volantes et à l'espace sidéral. Pourvu qu'il n'ait pas à affronter une solitude sidérale après la projection... Accepter l'héritage supposait aussi avoir un dessein précis pour le projet. Rupture avec le passé ? Projection dans le futur ? Telle était la question. Abrams a choisi d'aller aux sources de ce western spatial. Le prendre plus haut, plus loin. Pour avoir des ailes, il fallait avoir des racines. Preuve en est le retour des vétérans : Luke Skywalker (le dernier des Jedi, vieillissant, retraité car éprouvé par la montée du mal) ; Han Solo, mercenaire spatial à l'allure de Gary Cooper dans Le train sifflera trois fois et sa princesse Leïa Organa, sœur de Luke et désormais son épouse, général en chef des rebelles. Le retour de ces personnages mythiques, absents dans les volets I, II et III, allait assurer la continuité, sans renier le passé.
Enfantin et adulte
J.J. Abrams a certainement un respect pour les grands. Il le prouve à deux reprises : lorsque, par la voix de Han Solo aux commandes de son Falcon millenium, il s'exprime ainsi : « Serai-je à la hauteur ? Pourrai-je le contrôler à nouveau ? » Et au moment des retrouvailles entre Han Solo et Leïa, exit les doutes. D'ailleurs, pour l'écriture, il s'est fait entourer de Lucas lui-même et de Lawrence Kasdan (The Empire Strikes Back).
The Force Awakens est un concentré d'humour et d'action qui préserve l'univers de la première trilogie. Le petit virtuose du visuel nous projette délicieusement dans le passé/futur. Mêmes balades dans le grand désert silencieux, mêmes batailles ahurissantes dans l'espace, mêmes personnages mi-hommes, mi-bêtes. Intérieurs et extérieurs de vaisseaux spatiaux. Le tout sur le rythme opératique du grand chef d'orchestre John Williams.
La cadence n'est jamais interrompue et certaines images, parmi lesquelles cette passerelle où a lieu un certain duel, rappellent les scènes de Luke se battant avec son père. Les images mythologiques ou légendaires ne sont pas non plus en reste. Ainsi, quand le sabre se plante dans la neige, on voit bien la référence à la fameuse épée Excalibur du roi Arthur.
J.J. Abrams peut être traité d'élève studieux, mais le choix des acteurs comme Adam Driver (à l'allure plus de prince des ténèbres Dracula que Dark Vador) et Daisey Ridley ajoute au classicisme un brin de folie dont lui seul a le secret. Il était nécessaire pour Abrams de ne pas rompre la chaîne, surtout que Disney prépare tous les deux ans un épisode principal, entrecoupé de spin-off (qui se concentre sur un seul personnage). Alors « Bon retour » à Star Wars et, comme le dit Harrison Ford à son acolyte : « Chewy, we're home » («Enfin, chez nous » )...
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ÉPISODE I
La Menace fantôme

L'action se situe 50 ans avant les événements de La Guerre des étoiles. Le tout jeune Anakin Skywalker est repéré sur la planète Tatooine par le chevalier Jedi Qui-Gon et se lie d'amitié avec la reine Padmé Amidalala. Les séparatistes deviennent une véritable menace.
Réalisateur : George Lucas.
Année d'écriture : 1994. Sortie : 1999.
Recettes mondiales : 1,02 milliard de $.
Le + : costumes fabuleux, signés Trisha Biggar, et musique grandiose de John Williams.
Le – : accueil mitigé du public à cause de certains personnages jugés non intéressants, comme Jar Jar Binks. Nommé à trois oscars, il remporte aussi un Razzie Award.
ÉPISODE II
L'Attaque des clones

Les chevaliers Jedi et les seigneurs noirs des Sith s'affrontent. Une république galactique a été fondée, avec pour capitale la planète Coruscant. Son but ? Ramener la paix. Sur la planète Ansion, le Jedi Obi-Wan Kenobi et son apprenti Anakin Skywalker sont chargés de la protection de la reine Amidalala.
Réalisateur : George Lucas.
Date d'écriture : 1999. Sortie : 2002.
Recettes mondiales : 649,3 millions de $.
Le + : tourné en Australie, Italie et Tunisie, cet épisode est entièrement en numérique.
Le – : ce deuxième volet de la trilogie, mais cinquième réalisation de Lucas, convainc plus que son précédent, mais obtient aussi un Razzie Award.
ÉPISODE III
La Revanche des Sith

Les forces séparatistes attaquent la planète Coruscant et s'emparent de Palpatine, le chancelier suprême de la république. Sous l'influence de Dark Sidious, Anakin Skywalker bascule progressivement du côté obscur de la force et devient Dark Vador.
Réalisateur : George Lucas.
Date d'écriture : 2002. Sortie : 2003.
Recettes mondiales : 848,7 millions de $.
Le + : avec la naissance de Dark Vador, la finale fait le lien avec l'épisode IV, sorti au cinéma vingt-huit ans plus tôt.
Le – : alors que le sujet devait être le plus prometteur, George Lucas pèche par une écriture quasi mécanique, automate.
ÉPISODE IV
Le Nouvel espoir

Accompagné du maître Jedi Obi-Wan Kenobi, des droïdes C-3PO et R2D2, du mercenaire Han Solo et de son copilote Chewbacca, le jeune Skywalker quitte Tattoine pour sauver la princesse Leïa Organa, prisonnière de Dark Vador et des forces de l'Empire, sur l'Étoile noire.
Réalisateur : George Lucas.
Date d'écriture : 1976. Sortie : 1977.
Recettes mondiales : 1,3 milliard de $.
Le + : immense succès à la fois commercial et critique, l'opus, inspiré des westerns, des films de sabre, de guerre et de science-fiction, remporte sept oscars.
Le – : au moment du montage, sentant que son film a été dépassé par les effets visuels modernes, Lucas a dû en rajouter quelques-uns.
ÉPISODE V
L'Empire contre-attaque

La guerre entre le maléfique Empire galactique et son antagoniste, l'Alliance rebelle, bat son plein. Les héros de l'Alliance se séparent. Luke part sur la planète Dagobah afin de suivre la formation de Jedi auprès du maître Yoda. Solo, lui, tente d'échapper à la chasse spatiale que lui mène Dark Vador.
Réalisateur : Irvin Kirshner.
Date d'écriture : 1976.
Sortie : 1980.
Recettes mondiales : 886 millions de $.
Le + : ce volet serait le plus sombre, le plus sinistre, mais encore plus impliquant que Nouvel Espoir. Et peut-être le meilleur John Williams ajoute deux magnifiques compositions : Yoda's Theme et The Imperial March.
Le – : George Lucas aurait ajouté une scène inutile due à un accident qui aurait défiguré Mark Hamill.
ÉPISODE VI
Le Retour du Jedi

Après avoir sauvé Han Solo des mains de Jabba the Hutt, Luke et ses amis vont livrer une bataille ultime contre l'Empire, laissant le soin au nouveau Jedi de se battre en duel contre Dark Vador.
Réalisateur : Richard Marquand.
Date d'écriture : 1981. Sortie : 1983.
Recettes mondiales : 828,2 millions de $.
Le + : plein d'humour, à la manière d'un western spaghetti, mais également d'un dessin animé avec des personnages aussi farfelus que bizarroïdes.
Le – : s'il n'a pas les qualités cinématographiques des précédents, il demeure un très bon divertissement. Lucas, après avoir installé son Empire, régnerait-il en despote éclairé ?
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30 ans après, qui est in, qui est out ?
L'intrigue démarre 30 ans après la fin du Retour du Jedi, dernier épisode de la première trilogie. À la veille de la projection internationale, le secret plane encore sur le casting...
Les anciens
Luke Skywalker (Mark Hamill), le petit orphelin qui transcendera tout pour devenir l'un des plus grands Jedi de la Galaxie. Où est-il ? Qu'a-t-il fait durant ces trente ans ? Peu de chance qu'il soit dans Le Réveil de La Force ?
Han Solo (Harrison Ford), le mercenaire qui deviendra l'ami de Luke et l'un des principaux meneurs de l'Alliance rebelle. Avec sa gouaille, la série ne peut se passer de lui. 95 % de chance que Ford reprenne son rôle après 32 ans d'absence.
Princesse Leïa (Carrie Fisher) mène l'Alliance rebelle. Coiffée de ses célèbres macarons, elle est la sœur de Luke Skywalker. Elle reprend certainement son rôle, en épouse de Han Solo.
Chewbacca (Peter Mayhew), créature poilue qui s'exprime en mugissant, fidèle acolyte de Han Solo. Il est sans doute à l'affiche. C'est l'alter ego de Ford.
Yoda, Maître Jedi légendaire connu pour sa sagesse et sa maîtrise de La Force, il meurt dans Le Retour du Jedi. Peu probable qu'on le retrouve, mais son fantôme hantera certainement ce volet. Va-t-il apparaître dans certaines scènes?
Dark Vador (David Prowse). Avant de passer du côté obscur de La Force, l'un des méchants les plus adorés de l'histoire du cinéma est né. Anakin Skywalker, père de Luke Skywalker, meurt à la fin du Retour du Jedi, mais certains fans parient sur son retour. Sous quelle forme ?
C-3PO (Anthony Daniels), droïde polyglotte doré, à la démarche mécanique et aux manières guindées. Toujours apeuré et craintif, il se fait clouer le bec par Chewy.
R2-D2 (Kenny Baker), robot roulant, petit et cylindrique. Compagnon inséparable de C-3PO. Mais si son master Luke ne figure pas parmi les revenants, sa présence serait aussi inutile. Il serait peut-être remplacé par BB-8, un nouveau droïde tout rond, un genre de Culbuto qui ramène bien au monde de Disney.
Les nouveaux venus
Rey (Daisy Ridley), glaneuse de pièces métalliques et fine ingénieure, elle survit seule sur la planète Jakku. Actrice principale de cet épisode VII, elle possède une force mystérieuse. On suppose qu'elle pourrait être la fille de Han et Leïa. Mais ce n'est que supposition.
Poe Dameron (Oscar Isaac), « le meilleur pilote de la Galaxie », confirme sa présence et rappelle Han Solo jeune.
Kylo Ren (Adam Driver), nouveau « méchant principal » de la saga, dans la lignée de Dark Vador, dont il emprunte l'habit et le masque noir. Le sabre serait-il le même ? Et quel rôle occupe-t-il ?
Snoke (Andy Serkis), le chef suprême. Un personnage entièrement numérisé, filmé en capture de mouvements. Sa présence est certaine à 100 %.
Finn (John Boyaga), un ancien stormtrooper qui va rencontrer Rey. De quel côté de La Force est-il ?
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Maître Yoda par quatre chemins

« Désapprendre tout ce que tu as appris, tu dois. »
« Que La Force soit avec toi. »
« Un grand guerrier? Personne par la guerre ne devient grand. »
« Fais ou ne fais pas : il n'y a pas d'essai. »
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Ces petites choses que l'on ne savait pas...
* Le Royal Mail vient de faire imprimer 18 timbres inspirés de Star Wars VII.
* Le personnage de Chewi, mélange de singe, de chien et de chat, a été inspiré par India, le malamute de l'Alaska à poils longs de George Lucas.
* C'est l'acteur et doubleur James Earl Jones qui prête sa voix à Dark Vador, comme il l'a fait pour Lion King.
* C-3 Po était conçu à l'origine comme un robot féminin. Il peut parler 6 millions de langues.
* La construction d'une étoile noire aurait coûté aujourd'hui 852 000 000 000 000 000 de dollars.
* Tous les 4 mai, et en hommage au fameux May the Fourth, une journée Star Wars est organisée dans le monde, au grand bonheur des millions de fans.
* Le bikini de la princesse Leïa a été adjugé à 96 000 dollars lors d'une vente aux enchères.
* Les personnages de Flash Gordon ont inspiré Lucas.
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Fétichisme

La princesse Leïa (pas vraiment) pucelle.

Et qui se cache derrière ce masque?

Geisha des temps modernes.

Le sabre laser Excalibur revisité.

Du blanc pour l'armée du mal.

Chewbacca, boule de poils.
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Fans attitude
Deux fans acharnés de Star Wars se sont prononcés avant la sortie de « The Force Awakens ».
Qu'attendez-vous de ce nouvel opus ?
Olivier Gasnier Duparc : Je m'attends à de l'aventure, des envolées, de l'écarquillement, de la technologie, des personnages attachants et de bons acteurs qui croient en ce qu'on leur fait dire... Il faut de la continuité, mais une certaine nouveauté qui tienne la route avec un script cohérent.
Joe Mocachen : Un retour aux sources par rapport à la première trilogie de Lucas. Cette dernière était dotée d'un vrai scénario, de dialogues dignes de ce nom, d'une vraie mise en scène avec des décors réels (et non pas des images de synthèse faites sur fond vert dans la série de 1999) et d'une certaine noirceur qui caractérisait les épisodes V et VI.
Vous croyez que J.J. Abrams assurera ?
O.G.D. : Je suis presque certain qu'il sera à la hauteur. Du moins d'après ce que j'ai vu dans les bandes-annonces.
J.M. : Après avoir vu le dernier Star Trek de J.J. Abrams, la fin de Lost et le cahier des charges que Disney a dû lui donner, je m'attends au pire. Notre seul espoir est qu'Abrams, se revendiquant comme fan, ne commettra peut-être pas les mêmes erreurs.
Quels sont vos épisode, scène et citation préférés ?
O.G.D. : Le meilleur épisode est L'empire contre-attaque puis La revanche des Sith, parce qu'ils sont les plus « adultes ». Quant à la citation, c'est lorsque Yoda dit à Luke : « Qui est le plus fou, celui qui suit ou celui qui est suivi. »
J.M. : L'épisode V, L'empire contre-attaque. Quant à la scène, ce serait l'entraînement de Luke, mais aussi la cryogénisation de Han Solo.
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