Tyson Fury, « roi des Gitans », sexiste et homophobe par conviction religieuse. Alex Morton/Reuters
« On ne fera pas taire le roi des Gitans et le champion du monde des lourds » : Tyson Fury maintient insolemment le cap alors que, dix jours seulement après son sacre, les polémiques sportives et extrasportives commencent à éclipser ses exploits sur le ring.
La police de Manchester a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour déterminer si des propos de Fury sur l'homosexualité constituaient un « crime de haine ». En cause, des déclarations à l'hebdomadaire Mail on Sunday tenues au nom de ses convictions religieuses. Le boxeur britannique de 27 ans, qui a dépossédé à la surprise générale l'Ukrainien Vladimir Klitschko de ses ceintures WBA, WBO et IBF des lourds, estime que trois choses doivent être réunies « pour la fin du monde » : « L'une d'elles, c'est la légalisation de l'homosexualité dans certains pays, une autre, c'est l'avortement et la dernière, c'est la pédophilie. Qui aurait pensé dans les années 1950 ou 1960 que les deux premiers seraient légalisés? » Sur Twitter, il persiste et signe, justifiant par un article de la BBC « le parallèle (qu'il fait) entre homosexualité et pédophilie ». « La liberté de parole est la plus grosse connerie qui soit », a assuré Fury sur le réseau social hier, avant de poursuivre « si la WBA, la WBO et l'IBO veulent me destituer, qu'elles le fassent ».
L'International Boxing Federation (IBF), elle, l'a fait quelques heures plus tôt, mais pour d'autres raisons. Elle reproche au boxeur d'avoir accordé une revanche à Klitschko au lieu d'accepter le challenger qu'elle lui avait désigné, un autre Ukrainien, Vyacheslav Glazkov.
« Dans la cuisine et sur le dos »
Depuis son sacre, d'autres polémiques ont été provoquées par Fury, fidèle à son image de grande gueule.
Le 3 décembre il est mis en cause pour des propos sexistes tenus dans une vidéo mise en ligne le 25 novembre, quelques jours avant le combat victorieux contre Klitschko. « La position d'une femme, c'est dans la cuisine et sur le dos, clame Fury. Elles sont très sympas quand elles marchent autour du ring en portant des panneaux. Elles m'inspirent quand je suis fatigué et que je les vois gigoter autour. » Fury vient alors d'entrer dans la course pour le titre de sportif de l'année de la BBC. Une pétition est lancée pour demander son retrait de la liste des prétendants. Hier, c'est l'Association britannique des journalistes sportifs (SJA) qui lui a retiré son invitation à son gala annuel pour des menaces qu'il a « proférées à l'encontre d'au moins un de ses membres, qui a écrit au sujet des commentaires répugnants du boxeur sur l'homosexualité et les femmes ».
Celui qui s'est fait connaître pour ses remarques désobligeantes sur ses adversaires (« Klitschko a autant de charisme que mon slip ») ne compte pas brider sa parole. Dans une interview diffusée sur YouTube le 6 décembre, il martèle : « Ma femme, son boulot est de cuisiner, de faire le ménage et de s'occuper des enfants, c'est tout. Elle prend quand même quelques décisions, comme ce qu'elle va me cuisiner quand on va rentrer à la maison. »
(Source : AFP)

