Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Incident Turco-Russe

Ankara dénonce une nouvelle « provocation » de Moscou

Bagdad demande à la Turquie de retirer des troupes déployées sur son sol.

Mevlut Casuvoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, s’est insurgé contre une provocation de la part d’un navire de guerre russe croisant dans les eaux turques. Yiannis Kourtoglou/Reuters

Le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Casuvoglu, a dénoncé hier une « provocation » après la diffusion d'images d'un soldat russe en position de tir avec un lance-missile à bord d'un navire de guerre croisant dans les eaux turques. « Oui, c'est une provocation », a dit M. Casuvoglu lors d'une intervention à la télévision privée NTV. « Ce soldat à bord de ce navire de guerre russe, avec ce qui ressemble à un missile... c'est juste une provocation. »
Selon NTV, le navire sur lequel a eu lieu l'incident est le Caesar Kunikov, qui appartient à la flotte russe présente en mer Noire, et aurait passé le détroit du Bosphore hier matin. Selon d'autres médias, l'incident aurait eu lieu vendredi, le navire étant déjà dans les eaux turques à ce moment. Les autorités russes ne s'étaient pas exprimées hier sur le sujet.
Selon des médias turcs, Ankara a bloqué en fin de semaine un navire russe au port de Samsun en raison de documents incomplets, trois autres navires pouvant quitter le port.
La Turquie et la Russie traversent leur pire crise diplomatique depuis la guerre froide, après qu'un avion militaire russe a été abattu le 24 novembre par l'armée turque. La Russie a déjà annoncé des mesures de rétorsion à l'encontre de la Turquie.
Dans ce contexte de tension entre les deux pays, Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du guide suprême Ali Khamenei, cité hier par l'agence officielle Irna, a déclaré que l'Iran « a le devoir de réduire les tensions » actuelles entre la Russie et la Turquie. « Nous ne devrions pas prendre parti et nous avons le devoir de réduire les tensions entre ces deux pays » voisins de l'Iran, a déclaré M. Velayati. Selon lui, « il n'est pas bon d'avoir de nouvelles tensions venant s'ajouter à celles déjà existantes dans la région ».
L'Iran et la Russie entretiennent d'étroites relations économiques et soutiennent le régime du président syrien Bachar el-Assad, accusé le 19 novembre par le président Erdogan d'être « un terroriste d'État ».
Selon M. Velayati, la question du maintien du président Assad au pouvoir est « la ligne rouge » à ne pas dépasser par ceux qui s'opposent à lui dans son pays et à l'étranger.
Ankara a d'autre part exprimé hier sa « stupéfaction » après des accusations iraniennes sur l'implication de la Turquie dans un trafic de pétrole avec des jihadistes en Syrie et en Irak. Il n'y a rien de « sérieux » dans ces accusations, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Tanju Bilgic.
Les accusations de Moscou contre Ankara avaient été relayées à Téhéran, provoquant la colère du président Erdogan qui, par téléphone, a averti son homologue iranien Hassan Rohani que l'Iran paierait « le prix fort » si elles devaient se poursuivre.

« Sérieuse violation du territoire irakien »
Parallèlement, l'Irak a demandé samedi à la Turquie de retirer des troupes déployées sur son sol, Bagdad cherchant à affirmer sa souveraineté au moment où l'envoi de soldats étrangers pour lutter contre le groupe État islamique (EI) fait débat en Irak. « Les autorités irakiennes appellent la Turquie à se retirer immédiatement du territoire irakien », a indiqué le Premier ministre Haider al-Abadi dans un communiqué, parlant de « sérieuse violation de la souveraineté irakienne ».
Cette demande intervient au lendemain de l'annonce par l'agence progouvernementale turque Anatolie qu'environ 150 soldats turcs étaient arrivés dans la région de Mossoul pour remplacer des troupes qui forment des combattants kurdes irakiens luttant contre l'EI, qui contrôle la ville de Mossoul depuis juin 2014.
« La Turquie a envoyé en territoire irakien des troupes estimées à près d'un régiment blindé, avec chars et artillerie, prétendument pour entraîner des groupes armés, et cela sans la demande ou l'aval des autorités fédérales irakiennes », a protesté M. Abadi. En représailles, le ministère irakien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Turquie alors que le président irakien Fouad Maassoum, un Kurde, a qualifié le mouvement de troupes turques de « violation du droit international ».
Selon un journal turc, le nouveau déploiement serait lié à un accord visant à établir une base permanente dans la zone de Bashiqa.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a démenti samedi que ce mouvement de troupes constituait le préalable à une opération militaire en Irak. « Ce n'est pas un nouveau camp (militaire) », a-t-il dit, qualifiant l'opération de « rotation normale » et de « renfort pour faire face à des risques de sécurité ». Toute autre interprétation ne saurait être qu'une « provocation », a-t-il prévenu. Dans un communiqué, les autorités du Kurdistan irakien ont toutefois indiqué samedi que « le gouvernement turc avait envoyé ces derniers jours les experts et l'équipement nécessaires dans le but d'agrandir le camp ».

(Source : AFP)

Le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Casuvoglu, a dénoncé hier une « provocation » après la diffusion d'images d'un soldat russe en position de tir avec un lance-missile à bord d'un navire de guerre croisant dans les eaux turques. « Oui, c'est une provocation », a dit M. Casuvoglu lors d'une intervention à la télévision privée NTV. « Ce soldat à bord de ce navire de guerre russe, avec ce qui ressemble à un missile... c'est juste une provocation. »Selon NTV, le navire sur lequel a eu lieu l'incident est le Caesar Kunikov, qui appartient à la flotte russe présente en mer Noire, et aurait passé le détroit du Bosphore hier matin. Selon d'autres médias, l'incident aurait eu lieu vendredi, le navire étant déjà dans les eaux turques à ce moment. Les autorités russes ne s'étaient pas exprimées hier...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut