Des représentants des deux autorités libyennes rivales ont annoncé hier en Tunisie être parvenus à un accord. Fethi Belaid/AFP
Des représentants des deux autorités libyennes rivales ont annoncé hier en Tunisie être parvenues à un accord, qui devra être approuvé par les deux Parlements, établissant un processus politique pour mettre fin au conflit qui ravage le pays.
« C'est un moment historique que les Libyens attendaient, que les Arabes attendaient et que le monde attendait », a déclaré Awad Mohammed Abdoul-Sadiq, vice-président du Parlement de Tripoli non reconnu par la communauté internationale. Il s'agit d'une « occasion historique » qui ne se représentera pas une seconde fois, a-t-il poursuivi à l'issue de discussions entre des représentants des deux Parlements rivaux à Gammarth dans la banlieue de Tunis. « Nous invitons tous les pays voisins (...) mais également la communauté internationale à soutenir cet accord (...) qui rendra la région plus sûre », a ajouté le vice-président du Parlement de Tripoli, le Congrès général national (CGN).
De nombreux pays, qui s'alarment de la montée en puissance de l'organisation État islamique (EI) en Libye, ont insisté sur l'urgence de trouver une solution au conflit dans ce pays.
La « déclaration de principe », dont l'AFP a obtenu une copie, a pour but de lancer les bases d'« une coopération transparente » entre les deux parties afin de parvenir un accord politique prévoyant notamment la formation d'un gouvernement d'union nationale. Un comité composé de dix membres, cinq de chaque Parlement, sera chargé de choisir un Premier ministre et deux vice-Premiers ministres. Selon le texte, les représentants libyens se sont réunis sans ingérence étrangère et sans conditions préalables. M. Abdoul-Sadiq a eu des mots chaleureux pour la Tunisie et ses responsables politiques lors de la conférence de presse, même si officiellement Tunis n'a joué aucun rôle dans les négociations.
Sur un tout autre plan, un tribunal de Tripoli a ajourné hier le procès du fils de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, Saadi, au 7 février 2016 afin d'obtenir un complément d'enquête. Saadi Khadafi, 42 ans, est jugé pour son implication présumée dans la répression meurtrière de la révolte ayant mis fin au régime de son père en 2011 et pour le meurtre en 2005 d'un ancien entraîneur du club de football al-Ittihad de Tripoli.
Vêtu de l'habituelle combinaison bleue des prisonniers, Saadi Khadafi était présent à l'audience qui s'est tenue au complexe judiciaire d'al-Hadba al-Khadra, à Tripoli, où se trouve également la prison où il est détenu depuis son extradition du Niger en mars 2014. En août, une vidéo avait circulé sur les réseaux sociaux montrant Saadi Kadhafi subissant de mauvais traitements de la part de ses geôliers et l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) avait demandé l'ouverture d'une enquête.
(Source : AFP)

