Le nouveau parcours du Dakar 2016 tel que dévoilé, hier, par le directeur de la course Étienne Lavigne. Franck Fife / AFP
Bousculé par les désistements successifs du Chili puis du Pérou, le Dakar 2016 (2-16 janvier) va se concentrer sur la Bolivie et l'Argentine, fidèle depuis l'arrivée du rallye-raid en Amérique du Sud en 2009, avec en vedette un débutant de luxe, le nonuple champion du monde des rallyes Sébastien Loeb.
« Le Dakar devait partir de Lima, passer par le Chili et finir en Argentine », avec un éventuel passage par la Bolivie, rappelle le directeur de la course, Étienne Lavigne. « On perd le Chili, on perd le Pérou, donc toute la première semaine qu'on avait imaginée, qui avait été reconnue sur place, il a fallu la reconstruire », explique-t-il. C'est le Chili qui a jeté l'éponge le premier – pour la première fois depuis le transfert du Dakar sur le sol sud-américain –, en raison des importants dégâts causés par les inondations qui ont touché le nord du pays fin mars. Puis le Pérou a pris la même décision mi-août, à un peu plus de quatre mois du départ seulement, pour se concentrer sur la gestion des risques liés au phénomène climatique El Niño, le courant équatorial chaud du Pacifique dont les autorités redoutent qu'il soit particulièrement intense et long cette année.
Contraints de bâtir en urgence un parcours alternatif, les organisateurs s'en sont principalement remis à l'Argentine, fidèle au rendez-vous du Dakar depuis que l'ancien rallye-raid africain s'est installé en Amérique du Sud : pour la cinquième fois en huit éditions, le pays accueillera à la fois départ et arrivée du rallye.
Plus dur que le parcours initial
La course s'élancera de Buenos Aires avec un prologue le 2 janvier et s'achèvera le 16 à Rosario, à quelque 300 km de la capitale argentine, en dessinant quasiment une boucle. À l'approche de la mi-course, la caravane du Dakar visitera pour la troisième fois la Bolivie et son fameux Salar d'Uyuni, plus vaste désert de sel du monde, perché à plus de 3 500 m d'altitude, autour duquel autos et motos vivront la plus longue spéciale de cette édition 2016 (près de 550 km).
Avec plus de 9 300 km à parcourir au total, dont 4 700 à 4 800 km de spéciales, Lavigne promet « un vrai Dakar, pas un Dakar au rabais ». « Ce ''Dakar de derrière les fagots'', comme le qualifie le directeur de course, va peut-être même être plus dur que celui qui était prévu initialement. La course va surprendre ceux qui pensent connaître ces territoires. Les spéciales de sable organisées dans la deuxième semaine vont en faire une semaine très corsée », avance-t-il.
Victorieuse des quatre dernières éditions en catégorie autos, l'armada Mini (12 équipages) cherchera à confirmer sa domination avec un 5e sacre consécutif, dans le sillage des deux derniers vainqueurs, le Qatari Nasser al-Attiyah (2015) et l'Espagnol Nani Roma (2014). Elle devra pour cela résister à Peugeot, de retour sur le Dakar en 2015 après 25 ans d'absence, et déterminé cette année à jouer les premiers rôles, avec son trio de pilotes cumulant 17 victoires : 11 pour Stéphane Peterhansel (5 en auto, 6 en moto), 5 pour l'ex-motard Cyril Despres, et une pour l'Espagnol Carlos Sainz. Ainsi que l'attraction de cette édition 2016, Sébastien Loeb, neuf fois champion du monde des rallyes. En Amérique du Sud, l'Alsacien aura l'occasion de recroiser un de ses anciens adversaires en WRC, le Finlandais Mikko Hirvonen (Mini).
« Il change complètement d'univers, en termes de longueur des spéciales, il va courir en altitude. Sa découverte de notre environnement va être un vrai plaisir à suivre », se réjouit Lavigne, qui salue le « courage » de Loeb, associé à son copilote de toujours Daniel Elena, « à venir se frotter à cette épreuve qu'il ne connaît pas ».
Chez les motards en revanche, aucun ancien vainqueur au départ. La succession de l'Espagnol Marc Coma, cinq fois victorieux et double tenant du titre, qui a changé de casquette pour devenir directeur sportif du rallye, est donc ouverte. Une occasion pour l'Espagnole Laia Sanz, passée chez KTM, de se distinguer une nouvelle fois, un an après sa belle 9e place.
(Source : AFP)

