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Moyen Orient et Monde - Syrie

L’EI, sous les raids, annonce avoir exécuté deux otages

Lavrov a déclaré hier qu'après les attentats de Paris, il est « inacceptable » d'exiger le départ d'Assad comme « condition préalable à toute union contre le terrorisme ».

Des soldats français patrouillent autour du porte-avion Charles-de-Gaulle qui a appareillé hier de Toulon pour rejoindre le golfe Arabo-Persique. Anne-Christine Poujoulat/AFP

Le groupe État islamique (EI) a annoncé l'exécution de deux otages chinois et norvégien, deux mois après avoir réclamé une rançon pour leur libération, selon la dernière édition du magazine de propagande de l'organisation jihadiste publiée sur Internet hier.
Dans son numéro 12, le magazine Dabiq publie, sous le titre Le sort de deux prisonniers, les photos des corps des deux otages présumés au visage ensanglanté, visiblement tués par balles, frappées d'un grand bandeau en jaune sur lequel est écrit : « Exécutés après avoir été abandonnés par les nations et les organisations infidèles. »
Le Premier ministre norvégien, Erna Solberg, a condamné « une attaque révulsante et barbare. Nous n'avons à ce stade aucune raison (...) de douter du contenu » de la photo, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Oslo, indiquant que son authenticité était en cours de vérification. Sur la foi de photos et vidéos envoyées par l'EI pour appuyer ses demandes de rançon, le chef de la diplomatie norvégienne Børge Brende a précisé que l'otage, Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, avait subi de mauvais traitements pendant sa détention. Le 10 septembre, le groupe ultraradical avait annoncé pour la première fois détenir les deux otages, sans préciser quand et où ils avaient été enlevés. Âgé de 48 ans, le Norvégien avait annoncé le 24 janvier sur Facebook être arrivé à Idleb (nord-ouest de la Syrie). On ignorait les raisons de sa présence là-bas. La Chine avait elle aussi admis en septembre qu'un de ses ressortissants était probablement aux mains de l'EI, qui avait présenté l'otage comme étant Fan Jinghui, un consultant de 50 ans.

Raids intensifs
Dans la même journée, Raqqa, fief syrien de l'EI, était la cible de raids russes et français. Selon le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, les chasseurs français ont largué « une soixantaine de bombes sur le centre névralgique (de l'EI) à Raqqa ». Les raids français et russes contre des dépôts d'armes, des casernes et des points de contrôle à Raqqa et ses environs « ont fait 33 morts et des dizaines de blessés parmi l'EI » en 72 heures, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Ce « nombre limité de morts s'explique par le fait que les jihadistes avaient pris leurs précautions », explique l'ONG. « Le plus grand nombre a été tué sur les barrages de contrôle ». De nombreuses familles de combattants étrangers ont fui la ville. Certains ont trouvé refuge dans les environs de Raqqa, a indiqué Aktham Alwany, un militant originaire de la « capitale syrienne » de l'EI. Dans cette ville, « les civils vaquent uniquement à leurs occupations essentielles » car « personne ne sait quand aura lieu le prochain raid ». « Les bases de l'EI sont au milieu des habitations civiles. »
Intensifiant la pression sur l'EI, l'aviation russe a également reçu l'ordre de tirer à vue sur les camions-citernes transportant des produits pétroliers dans les zones contrôlées par le groupe jihadiste qui tire de précieux bénéfices du commerce de l'or noir. La France, pour sa part, a annoncé que le porte-avions français Charles-de-Gaulle sera « sur zone » en Méditerranée orientale, prêt à engager ses avions en Syrie, « à la fin de la semaine ». Et dans le cadre de « l'union sacrée » contre l'EI, Ankara et Washington vont intensifier leurs opérations « dans les prochains jours » pour chasser les jihadistes de la frontière turque, dans le Nord syrien.
Les États-Unis ont également modifié leurs positions à l'égard de Moscou. La Russie, a affirmé le président Barack Obama, a été « un partenaire constructif à Vienne en essayant de créer une transition politique » en Syrie, en référence aux pourparlers internationaux, malgré les divergences persistantes sur le sort du président Bachar el-Assad. Elle a également rappelé qu'après les attentats de Paris, il est « inacceptable » d'exiger le départ de Bachar el-Assad comme « condition préalable à toute union contre le terrorisme », a rapporté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse. De son côté, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, a estimé hier que s'accorder avec le président syrien était actuellement le « moindre mal » face à la menace terroriste en Europe.
Enfin, M. Hollande a rappelé au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon sa « volonté de voir adopter le plus rapidement possible une résolution pour renforcer les moyens de la lutte contre le terrorisme et contre Daech », acronyme en arabe de l'EI.

Cessez-le-feu ?
Par ailleurs, des groupes rebelles syriens et l'armée du régime tentaient hier soir de parvenir à une trêve de 15 jours dans la région de la Ghouta orientale à l'est de Damas, ont indiqué une ONG et une source sécuritaire. Il s'agit des premières discussions visant à conclure un cessez-le-feu dans cette région et elles ont probablement lieu en présence de médiateurs russes ou iraniens, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Un haut responsable de la sécurité syrien a confirmé « des discussions en cours entre le gouvernement et des groupes armés dans la Ghouta orientale pour mettre fin aux opérations militaires ». « Nos alliés russes jouent un rôle direct dans la prise de contact avec ceux qui soutiennent les groupes armés », a-t-il dit. Jaïch al-Islam, considéré comme le plus important groupe rebelle dans la Ghouta orientale, est l'un des principaux négociateurs du côté des rebelles, a précisé le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.
(Source : AFP)

Le groupe État islamique (EI) a annoncé l'exécution de deux otages chinois et norvégien, deux mois après avoir réclamé une rançon pour leur libération, selon la dernière édition du magazine de propagande de l'organisation jihadiste publiée sur Internet hier.Dans son numéro 12, le magazine Dabiq publie, sous le titre Le sort de deux prisonniers, les photos des corps des deux otages présumés au visage ensanglanté, visiblement tués par balles, frappées d'un grand bandeau en jaune sur lequel est écrit : « Exécutés après avoir été abandonnés par les nations et les organisations infidèles. »Le Premier ministre norvégien, Erna Solberg, a condamné « une attaque révulsante et barbare. Nous n'avons à ce stade aucune raison (...) de douter du contenu » de la photo, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse...
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