Les juges Hammoud et Sakr inspectant les lieux de l’attentat.
Alors que le quartier frappé jeudi soir par le double attentat-suicide de Bourj el-Brajneh peinait à se remettre du choc, peu d'informations filtraient de l'enquête en cours, notamment sur un éventuel lien avec un suspect arrêté la veille à Tripoli, et qui comptait apparemment perpétrer un attentat-suicide simultané dans la capitale du Nord. Les seuls éléments tangibles ont été fournis par le procureur de la République Samir Hammoud, qui s'est rendu sur place en compagnie du commissaire de la République près le tribunal militaire Sakr Sakr. Le juge Hammoud a déclaré qu'il « semble qu'il y ait un lien entre le kamikaze arrêté par l'armée hier (la veille) à Tripoli et les deux kamikazes de la banlieue sud ».
Concernant Bourj Brajneh, le procureur a souligné qu'« il n'existe pas jusque-là de preuve de la présence d'un troisième kamikaze sur les lieux ». Il a ajouté : « La première charge, placée dans une motocyclette, était dotée d'une quantité d'explosifs de sept kilos, alors que la seconde, que le kamikaze portait dans une ceinture d'explosifs, était de deux kilos. Nous avons entamé le processus de détermination du type d'explosifs utilisés. » Pour sa part, le juge Sakr a donné des directives pour que les corps qui ont déjà été examinés par le médecin légiste soient remis à leurs proches.
Le secrétaire général du Haut Comité de secours, le général Mohammad Kheir, s'est lui aussi rendu sur les lieux après l'enquête de la police, pour inspecter les dégâts, en prévision du versement d'indemnités.
Au niveau gouvernemental, le Premier ministre Tammam Salam, qui a qualifié l'attentat de « barbare », a présidé une réunion du Conseil national de sécurité au Grand Sérail. Les participants ont passé en revue les résultats provisoires de l'enquête et décidé d'intensifier les mesures de sécurité dans toutes les régions.
Sur un autre plan, des sources du Liban-Sud ont indiqué à l'agence al-Markaziya que, suite à des informations selon lesquelles les kamikazes se seraient réfugiés dans le camp palestinien de Bourj el-Brajneh avant de perpétrer leurs attentats, le Hezbollah aurait intensifié sa surveillance de l'entrée des camps palestiniens, notamment au Sud. De leur côté, les différentes factions palestiniennes ont publié un communiqué conjoint dans lequel elles « condamnent les attentats de Bourj Brajneh » et affirment que « la tentative d'impliquer des noms palestiniens est un acte sournois visant à faire éclater la discorde ».
Entre-temps, les condamnations de l'attentat, tant internationales que locales, se sont multipliées hier. Le président du Parlement Nabih Berry a reçu des messages de condoléances de la part du président russe Vladimir Poutine, qui s'est dit « prêt à collaborer pour la lutte contre le terrorisme », et un appel du président des Forces libanaises Samir Geagea. Le Premier ministre a reçu des messages de condoléances du secrétaire général de la Ligue arabe Nabil el-Arabi, de personnalités palestiniennes comme Khaled Mechaal et Ismaïl Haniyé (Hamas), ainsi que de ses homologues jordanien, turc, italien et bangladais. Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et le ministre émirati de l'Intérieur, cheikh Seif ben Zayed ben Sultan al-Nahyane ont tous deux contacté le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk.
Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné les attentats. Les États-Unis ont eux aussi dénoncé « les attentats terroristes horribles à Beyrouth ». La présidente du Tribunal spécial pour le Liban, Ivana Hrdličková, a exprimé sa tristesse « d'apprendre les pertes tragiques de vies humaines ». La chef de la Délégation de l'Union européenne au Liban, Christina Lassen, a affirmé que l'UE « se tient fermement aux côtés du Liban dans la lutte contre le terrorisme ». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Franck-Walter Steinmeier, a appelé « toutes les forces modérées au Liban à redoubler d'efforts pour parvenir à un règlement politique, afin de contrer toute future escalade de la situation ». Le président italien Sergio Matarella a lui aussi réitéré « le soutien total de l'Italie à la stabilité du Liban ».


SEULS LES LIBANAIS EUX-MÊMES PEUVENT SE PRÉMUNIR CONTRE LE TERRORISME... EN S'ENTENDANT URGEMMENT ET EN ÉLISANT UN CHEF DE L'ETAT ET EN NE PARALYSANT PLUS LES INSTITUTIONS DE L'ETAT ! ESPÉRONS-LE CAR SINON LA SÉCURITÉ IRAIT EN SE DÉGRADANT...
10 h 54, le 14 novembre 2015