Le chef du PSP, Walid Joumblatt, a dressé un bilan négatif de la réunion parlementaire qui s'est étalée sur deux jours, jeudi et vendredi. Dans son éditorial hebdomadaire dans le Anba', organe de son parti, il a estimé qu'elle a été « coûteuse sur tous les plans. » « Tous les potentiels et les capacités du cerveau humain ont été épuisés pour garantir sa tenue et pour s'assurer que les députés y prendront part après une absence forcée imposée par les conflits autour de la présidentielle, les surenchères constitutionnelles et populistes. La majorité des hommes politiques, à l'exception de quelques-uns, ont fini par revenir à la raison et se rendre au Parlement », a-t-il dit.
M. Joumblatt s'est arrêté sur le vote d'une loi autorisant le gouvernement à débloquer près d'un milliard et demi de dollars pour l'achat d'équipements à l'armée. Tout en affirmant son appui aux forces régulières, il s'est interrogé « techniquement et innocemment » sur le point de savoir pourquoi ces équipements n'ont pas été inclus dans le cadre du don saoudien d'un milliard de dollars pour le rééquipement de l'armée ou de l'accord franco-saoudien (trois milliards de dollars) conclu dans le même but. « Quels sont ces équipements que les usines américaines et françaises ne sont pas en mesure de nous fournir. Au lieu de nous amuser à sonder les fonds sous-marins, à escalader les montagnes et à envahir les plaines, nous ferions mieux d'élever le niveau de coordination sécuritaire entre les différents services pour éviter davantage d'attentats et d'atteintes à la sécurité », a écrit le chef du PSP. Et de poursuivre : « Une réunion parlementaire coûteuse durant laquelle aucun député n'a relevé la croissance dramatique de la dette publique qui menace désormais les fondements financiers de l'État, surtout que le gaspillage et la corruption se poursuivent dans toutes les administrations publiques, à cause de couvertures politiques qui empêchent la mise en place de réformes ».
M. Joumblatt a aussi contesté « le caractère discriminatoire » de la loi permettant aux émigrés libanais de récupérer leur nationalité, dénonçant un texte « taillé à la mesure de certaines parties, comme si sa teneur qui exclut les groupes qui avaient émigré dans le passé vers les territoires de l'Empire ottoman arrangeait certaines parties et pas d'autres, celles-ci voulant sortir d'un complexe démographique devenu inévitable au Liban ». Il a également contesté l'opposition manifestée face aux revendications des Libanaises qui militent pour pouvoir accorder leur nationalité à leurs enfants.
Non sans ironie, M. Joumblatt s'est félicité de ce que « la prochaine réunion parlementaire sera vouée à l'échec parce qu'il est impossible de s'entendre sur une loi électorale ». « Nous pouvons de la sorte nous rassurer que son coût ne s'élèvera pas à des milliards de dollars », a-t-il dit.
Liban
Joumblatt : « Une réunion coûteuse à tous les niveaux »
OLJ / le 14 novembre 2015 à 00h00


CAMÉLÉONISTIQUEMENT... IL A PLEINEMENT RAISON !
10 h 41, le 14 novembre 2015