C'est une pièce rare que présente Persona Productions les 13, 14, 15 et 16 novembre à la salle Montaigne de l'Institut français du Liban*.Rare, car elle traite d'un sujet lourd avec beaucoup de légèreté et d'humour. Oui, on rit beaucoup avec Les Chatouilles ou la danse de la colère, assurent ceux qui ont vu cette pièce écrite, interprétée et chorégraphiée par Andréa Bescond (comédienne et danseuse) et mise en scène par Éric Métayer. On rit, on pleure, on se crispe et on respire... avec Odette, cette petite fille dont le chemin n'aurait jamais dû croiser celui d'un ami à ses parents. Vous l'aurez deviné, malgré le titre qui peut sembler naïf et enfantin, c'est de pédophilie dont il s'agit. De ce crime atroce contre l'enfance, dont beaucoup ne veulent pas entendre parler. Victimes en premier.
Andréa Bascond a ressenti, elle, l'évidence de raconter le cheminement classique de l'enfant victime de pédophilie. « Mon personnage, Odette, fait partie de ceux qui se battent, de ceux qui taisent une violente déchirure, qui l'occultent même et qui la reçoivent en pleine figure quand elle leur revient comme un tsunami, explique-t-elle dans sa note d'intention. Elle fait partie de ceux dont l'enfance a été brisée par une main adulte dans la culotte en coton. Elle subit, elle se tait puis occulte pour enfin se souvenir, rejeter puis dénoncer. C'est ça dont parle Les Chatouilles ».
Tout cela est transposé sur scène au moyen des mots, mais aussi de la gestuelle et de la danse quand les mots ne suffisent plus à exprimer la colère que le corps ressent, par la jeune comédienne, révélation féminine aux Molières.
Un sujet délicat, inspiré d'une histoire vraie. Pour un public adulte, à partir de 16 ans.
*Rue de Damas, à 20h30. Billets en vente à la librairie Antoine.


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