Le Premier ministre irakien Haidar el-Abadi. Spencer Platt/AFP
Le Parlement irakien s'est élevé, hier, contre les projets, décidés unilatéralement selon lui, pris par le Premier ministre Haider el-Abadi pour lutter contre la corruption et la mauvaise gestion. Les parlementaires ont voté une résolution non contraignante engageant le gouvernement à ne pas appliquer ses réformes sans leur accord préalable. Ils ont appelé « toutes les autorités à se soumettre à leur avis en respectant la Constitution », sans désigner nommément le chef du gouvernement. M. Abadi a réfuté les critiques des parlementaires, affirmant que leur rôle n'avait pas été usurpé et qu'ils avaient approuvé ses projets, a précisé son porte-parole Saad el-Hadithi. Le Parlement avait adopté début août le programme de réformes.
Cette dispute entre les pouvoirs législatif et exécutif complique encore davantage la tâche de M. Abadi, qui peine à mettre en œuvre des réformes pour améliorer la gouvernance du pays. Il cherche ainsi à répondre à l'exaspération de l'opinion, après une série de manifestations ayant rassemblé l'été dernier des milliers d'Irakiens à Bagdad et dans le sud pour protester contre la corruption endémique et réclamer l'amélioration des services publics.
Parmi les réformes annoncées figurent la réduction des salaires des responsables politiques et la suppression du poste de vice-président, une décision qui nécessite d'amender la Constitution. Ces réformes ont reçu le soutien de la plus haute autorité religieuse chiite du pays, l'ayatollah Ali al-Sistani. L'une des principales mesures prises par M. Abadi a été la suppression des postes des trois vice-Premier ministres et trois vice-présidents, dont Nouri el-Maliki, son prédécesseur, dont les mandats ont été marqués par des accusations de corruption et d'autoritarisme.
(Source : AFP)

