Gebran Bassil, au cours du dîner de Zahlé (photo Ani).
Le Courant patriotique libre (CPL) et les Forces libanaises (FL) « ne se rendront au Parlement que si la proposition de loi sur la récupération de la nationalité libanaise figure en tête de l'ordre du jour », a affirmé hier le président du CPL et ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, au cours d'une tournée électorale à Bécharré.
« La récupération de la nationalité, a précisé M. Bassil, est de nature à inverser les conséquences de l'émigration et encourager les Libanais à rentrer au pays, d'autant que le pays fait face à la poussée takfiriste qui menace la présence des minorités au Machrek. » En somme, pour M. Bassil, ce droit n'est pas négociable.
Le président du CPL s'adressait à une centaine de partisans réunis autour d'un petit déjeuner de travail, à Bécharré. Le responsable aouniste a insisté en outre sur l'importance de « resserrer les rangs des chrétiens dans les circonstances actuelles, non pas nécessairement à travers des alliances politiques, mais plutôt à travers des ententes sur des constantes nationales, dont la protection de la présence chrétienne au Liban, et des manifestations d'unité chrétienne sur le modèle de la déclaration d'intentions entre le CPL et les FL ».
La veille, à l'issue d'une tournée de mobilisation et de recrutement qui l'a conduit, au départ de Saïda, dans plusieurs localités du Liban-Sud, et qui s'est achevée par un dîner à Zahlé, M. Bassil avait souligné n'avoir « aucun complexe à nommer les choses par leur nom » et parler du partenariat entre musulmans et chrétiens au Liban.
Il a insisté notamment sur la volonté du CPL d'encourager des musulmans à le rejoindre, tout en encourageant les Zahliotes présents à adhérer massivement au CPL, qu'il a situé aux antipodes des courants takfiristes.
À ce sujet, il a insisté sur le fait que les courants terroristes « ne peuvent pas être affrontés à moitié ». « Le phénomène Daech n'est pas un phénomène passager ; on ne peut le tolérer ni le traiter à la légère, a déclaré M. Bassil. Nous ne pouvons accepter qu'une partie de notre territoire soit occupée, alors que nous pouvons la reconquérir. Les takfiristes n'ont pas de place parmi nous. Nous sommes un courant ouvert à tous, mais nous ne pouvons vivre avec ceux qui projettent de nous éliminer : ces derniers, nous les éliminerons ! »
Par ailleurs, M. Bassil a défendu à nouveau « le droit au retour et à la nationalité » des Libanais de la diaspora, invitant ses auditeurs à « observer attentivement quelle partie, au Parlement, s'y opposera, cherchant ainsi à priver le Liban des Libanais, pour le proposer aux Syriens, aux Palestiniens, aux Pakistanais et aux Bangladais ».
Et de dénoncer, à côté du terrorisme militaire, la présence d'un « terrorisme politique qui interdit à des gens comme nous de reprendre leurs droits à la nationalité, alors même que nous souffrons d'une vague d'émigration sans précédent ».


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10 h 10, le 02 novembre 2015