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Moyen Orient et Monde - Drame

Nouveaux naufrages en mer Égée : au moins 22 migrants morts

Plus de 30 disparus au large des côtes de l'Espagne ; une « honte » pour l'Europe, selon Tsipras ; l'Allemagne et l'Autriche limitent le passage aux migrants à cinq points de leurs frontières.

Un bateau de pêche grec accompagne un bateau de migrants à moitié coulé, transportant plus d’une centaine de personnes, au large de l’île grecque de Lesbos. Giorgos Moutafis/Reuters

C'est dans le bras de mer qui sépare les côtes turques des îles grecques de Kalymnos et de Rhodes qu'au moins 22 migrants, dont 13 enfants, se sont noyés dans deux naufrages de bateaux venus de Turquie, dans la nuit de jeudi à hier. Au large de Kalymnos, les corps de 19 migrants ont été retrouvés hier matin, dont ceux de six femmes, huit enfants et deux nourrissons, victimes du naufrage dans la nuit d'hier de leur bateau qui convoyait environ 150 personnes, dont 138 ont pu être recueillies par des sauveteurs. Plus au sud, au large de Rhodes, cette fois-ci, le naufrage d'une autre embarcation a provoqué la noyade de 3 personnes : une femme, un enfant et un bébé.
En outre, au large des côtes nord-ouest de la Turquie, ce sont quatre enfants syriens âgés de 1 à 4 ans qui ont été retrouvés morts noyés alors que leur embarcation se dirigeait vers l'île grecque de Lesbos. 19 personnes ont pu être sauvées par les garde-côtes turcs assistés d'un hélicoptère.
Ces nouveaux drames s'ajoutent à une série de naufrages mercredi au large de Lesbos et Samos, dont le bilan encore provisoire atteignait jeudi soir 17 morts dont 11 enfants. Pour le seul mois d'octobre, le bilan des victimes de l'exode vers l'Europe retrouvées dans les eaux grecques de l'Égée s'établissait à 68 morts, en majorité des enfants, selon un décompte établi par l'AFP sur la base des données fournies par la police portuaire grecque. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce sont plus 3 200 personnes qui ont péri depuis le début de l'année dans leurs traversées de la Méditerranée.

Réflexes « phobiques et racistes »
Devant ces nouveaux drames qui attestent d'une « tragédie humanitaire » en cours, le Premier ministre grec Alexis Tsipras (gauche radicale) a éprouvé au Parlement « de la honte en tant que dirigeant européen pour l'incapacité de l'Europe à défendre ses valeurs et le niveau du débat ». Il a réclamé de la part de l'Union européenne « une condamnation officielle des choix (de certains États membres) d'ériger des murs et barrières, et de fermer les frontières », évoquant la Hongrie, et plaidé pour l'ouverture de canaux légaux vers l'Europe pour les réfugiés face « aux réflexes phobiques et racistes », alors qu'au même moment, l'Allemagne et l'Autriche ont décidé de limiter le passage de migrants à cinq points de leur frontière commune pour mieux contrôler leur afflux massif.
M. Tsipras a également souligné l'urgence d'obtenir de la Turquie le respect de ses engagements en freinant les flux de migrants depuis son territoire et fait part de la volonté de la Grèce d'être un « maillon entre l'UE et la Turquie » sur ce dossier. « Notre premier devoir est de sauver les vies et de ne pas autoriser que l'Égée devienne un cimetière (...) pour cela nous ne réclamons pas un euro » aux partenaires du pays, a-t-il lancé, interpellé par l'opposition de droite lui reprochant une politique de portes ouvertes.
Sur les médias sociaux, les humanitaires présents sur ces îles multipliaient les critiques envers Frontex – l'Agence européenne de surveillance des frontières – dont les patrouilleurs déployés dans la zone étaient accusés d'un manque de réactivité. Quant au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), il avait exprimé jeudi sa profonde inquiétude devant la « détérioration des conditions météorologiques » aggravant le sort des migrants.

Au large de l'Espagne
De l'autre côté de la Méditerranée, au large des côtes du sud de l'Espagne, après le sauvetage de 15 personnes jeudi matin et la découverte jeudi soir des corps sans vie de quatre hommes, les recherches pour retrouver 35 migrants encore portés disparus qui ont reprises hier matin ont finalement été abandonnées dans la soirée. Ces derniers avaient tenté la traversée depuis le Maroc à bord d'une embarcation qui a perdu son fond, a-t-on appris auprès des secours. Ceux-ci ont mobilisé un bateau et un hélicoptère, et devaient être renforcés dans la matinée par un avion de l'Agence européenne de surveillance des frontières Frontex et un bateau de la garde civile espagnole.
Selon des données actualisées au 27 octobre de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 3 845 personnes sont arrivées en Espagne après avoir traversé la Méditerranée, loin derrière les 560 000 migrants ayant atteint les côtes grecques et les quelque 140 000 arrivés en Italie. Plus de 2 800 personnes ont péri dans ces traversées, dont une trentaine en tentant d'atteindre l'Espagne.

(Source : AFP)

C'est dans le bras de mer qui sépare les côtes turques des îles grecques de Kalymnos et de Rhodes qu'au moins 22 migrants, dont 13 enfants, se sont noyés dans deux naufrages de bateaux venus de Turquie, dans la nuit de jeudi à hier. Au large de Kalymnos, les corps de 19 migrants ont été retrouvés hier matin, dont ceux de six femmes, huit enfants et deux nourrissons, victimes du naufrage dans la nuit d'hier de leur bateau qui convoyait environ 150 personnes, dont 138 ont pu être recueillies par des sauveteurs. Plus au sud, au large de Rhodes, cette fois-ci, le naufrage d'une autre embarcation a provoqué la noyade de 3 personnes : une femme, un enfant et un bébé.En outre, au large des côtes nord-ouest de la Turquie, ce sont quatre enfants syriens âgés de 1 à 4 ans qui ont été retrouvés morts noyés alors que leur...
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