La Cour de cassation militaire a tenu hier une nouvelle audience dans le cadre du procès de l'ancien ministre Michel Samaha, sans toutefois que les débats n'apportent du nouveau. La prochaine audience a été fixée au 26 novembre prochain.
La cour a également reporté à jeudi prochain la date du rendez-vous fixé pour entendre les enregistrements portant sur des rencontres qui ont eu lieu entre M. Samaha et Milad Kfoury (la « taupe » qui avait piégé l'ancien ministre en révélant son complot) ainsi que l'interrogatoire auquel avait été soumis l'accusé devant les services de renseignements des FSI.
Michel Samaha avait été condamné le 13 mai dernier à quatre ans et demi de prison après avoir été reconnu coupable d'avoir transporté des explosifs en vue de perpétrer des attentats au Liban en 2012. Comme l'année judiciaire est de neuf mois et qu'il avait été arrêté en août 2012, M. Samaha devait donc être libéré à la fin de cette année. Le verdict avait suscité un tollé dans plusieurs milieux politiques libanais qui l'avaient estimé trop clément. Le 2 juin, la Cour de cassation militaire a accepté la requête en annulation présentée par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr.
Lors de l'audience d'hier, les données téléphoniques relatives aux appels effectués par M. Samaha ont été évoquées, l'accusé ayant demandé à voir les données datant de la période qui a précédé son arrestation de six mois et non de trois mois, soit du 9 février jusqu'au 9 août 2012, date de son arrestation. La demande a été acceptée par le président du tribunal, Tony Lattouf. La défense entend ainsi prouver que, durant cette période, c'est Milad Kfoury qui avait pris contact avec l'ancien ministre et non l'inverse.
L'avocat de défense de M. Samaha a également demandé à la cour l'autorisation de soumettre aux juges la bande vidéo diffusée par la LBCI le 2 octobre dernier, dans laquelle le ministre de la Justice, Achraf Rifi, a évoqué le rôle joué par Milad Kfoury en collaboration avec les SR des Forces de sécurité intérieure, dans l'arrestation de M. Samaha. Ce à quoi le président du tribunal a répondu : « Nous ne sommes pas en présence d'un procès politique et ne sommes pas concernés par la position de responsables politiques. Le procès se fonde uniquement sur des faits criminels attribués à l'accusé. » Et d'ajouter : « Le dossier doit prendre son cours judiciaire normal. Vous pourrez dire ce que vous souhaitez lors de la plaidoirie. »
Liban - Procès Samaha
La défense s’efforce d’enfoncer la « taupe » Milad Kfoury
OLJ / le 23 octobre 2015 à 00h00

