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Moyen Orient et Monde - Corées

« Nous nous reverrons dans l’au-delà »

Rencontre pleine d'émotion entre des familles nord
et sud-coréennes.

La Nord-Coréenne Lee Mun- woo et son frère sud-coréen Lee Chun-woo se disent adieu, avec la fin de la rencontre entre des familles des deux Corées, hier. Korea Pool/Reuters

Au troisième et dernier jour d'une trop brève rencontre organisée dans la station de montagne nord-coréenne de Kumgang, des familles nord et sud-coréennes ont eu deux heures hier pour prendre congé. Ces familles divisées par la guerre il y a plus de 60 ans se sont ainsi dit au revoir, séparation d'autant plus traumatisante que la plupart d'entre elles ne se reverront jamais.
C'est peut-être le moment le plus difficile à vivre de cet événement. Des deux côtés, en particulier chez les octogénaires et les nonagénaires, tous savent pertinemment qu'ils se voient vraisemblablement pour la dernière fois.
« Garde ta santé. Longue vie à toi », a lancé Lee Soon-kyu, 85 ans, à ce mari nord-coréen qu'elle voyait pour la première fois depuis qu'ils ont été séparés par la guerre de Corée (1950-53). Elle n'avait alors que 19 ans. « Nous nous reverrons dans l'au-delà », lui a-t-il répondu.
Certains ont passé ces derniers instants simplement enlacés. D'autres tentaient de faire bonne figure face à l'imminence du départ, essuyant leurs larmes assis à des tables numérotées dans la salle réservée aux banquets.

Les larmes « n'arrêtent pas de couler »
« Mes yeux sont gonflés. J'ai tant pleuré la nuit dernière », a dit Ri Hong-jong, 88 ans, au moment de se séparer de sa fille sud-coréenne. « Même ce matin, les larmes n'arrêtent pas de couler. » Sur des images télévisées, on voyait une vieille Nord-Coréenne tenter d'égayer ces derniers instants en mettant tout le monde au défi de se livrer à un bras de fer avec elle.
Mais les autocars sont venus pour emmener les Nord-Coréens, ce qui a donné lieu à des scènes de désespoir.
Cet événement, le deuxième du genre seulement en cinq ans, était étroitement contrôlé. Les familles n'ont pu se rencontrer que six fois deux heures.
Près de 400 Sud-Coréens et 140 Nord-Coréens participaient à la réunion. Les 12 heures dont ils ont disposé sont d'une brièveté cruelle après des décennies de séparation.

Peu d'élus
« Il aurait été merveilleux de pouvoir se parler et dormir dans la même pièce, au lieu de ces quelques rendez-vous », a regretté Han Sun-kye, 70 ans, qui a rencontré sa tante nord-coréenne. « J'aurais tant aimé pouvoir prendre mes repas avec ma seule famille, plutôt que dans une grande salle avec tout le monde », a-t-il ajouté.
Les informations sur la rencontre proviennent d'un pool de médias sud-coréens accompagnant le groupe. Les participants ont en fait énormément de chance. Ils ont été choisis sur une liste d'attente comportant des dizaines de milliers de noms.
Des millions de personnes ont été déplacées pendant la guerre de Corée qui avait vu la ligne de front faire des allées et venues entre le sud de la péninsule et la frontière septentrionale avec la Chine. La grande majorité des membres de la génération qui a vécu dans sa chair la séparation d'avec ses proches est morte sans jamais avoir le moindre contact avec ceux vivant au Nord ou même savoir s'ils étaient encore en vie. Le nombre de décès augmente avec les années et les candidats à une rencontre savent qu'ils ne seront peut-être jamais choisis. Ils enregistrent des messages vidéos et ont fourni des échantillons d'ADN, dans l'espoir de contacts posthumes.

Une chanson pour se souvenir
Le programme de réunions des familles avait véritablement commencé après un sommet historique
Nord/Sud en 2000. En quinze ans, la pyramide des âges a beaucoup changé. Cette fois-ci, il n'y avait que cinq familles qui ont vu des époux ou des parents et enfants se retrouver, contre 23 en 2010.
Lors du dîner pris en commun mercredi soir, Lee Jeong-sook, 68 ans, a demandé à son père Ri Hong-jong de lui chanter une chanson afin qu'elle puisse se souvenir de sa voix. Le vieil homme a entonné un air populaire qui évoque une rivière de sa ville natale en Corée du Sud. Toute la tablée a éclaté en sanglots.
Les départs hier marquent la fin de la première étape de cet événement avec, de samedi à mardi, de nouvelles retrouvailles entre familles des deux États rivaux. Ces réunions avaient été décidées fin août dans le cadre d'un accord qui avait permis de mettre fin à une dangereuse escalade des tensions entre les deux États rivaux.
(Source : AFP)

Au troisième et dernier jour d'une trop brève rencontre organisée dans la station de montagne nord-coréenne de Kumgang, des familles nord et sud-coréennes ont eu deux heures hier pour prendre congé. Ces familles divisées par la guerre il y a plus de 60 ans se sont ainsi dit au revoir, séparation d'autant plus traumatisante que la plupart d'entre elles ne se reverront jamais.C'est peut-être le moment le plus difficile à vivre de cet événement. Des deux côtés, en particulier chez les octogénaires et les nonagénaires, tous savent pertinemment qu'ils se voient vraisemblablement pour la dernière fois.« Garde ta santé. Longue vie à toi », a lancé Lee Soon-kyu, 85 ans, à ce mari nord-coréen qu'elle voyait pour la première fois depuis qu'ils ont été séparés par la guerre de Corée (1950-53). Elle n'avait alors que...
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