Réfugiés et migrants attendent dans le village de Bapska, au nord est de la Croatie, d’être transportés vers un camp d’accueil. Elvis Barukcic/AFP
L'Allemagne pourrait avoir recours à des avions militaires de transport de troupes pour renvoyer dans leur pays d'origine les migrants dont la demande d'asile aurait été rejetée, a rapporté le quotidien Bild, hier. La chancelière Angela Merkel, critiquée au sein de son camp pour sa gestion de la crise migratoire, a déclaré à plusieurs reprises qu'elle souhaitait accélérer le processus de traitement des demandes d'asile ainsi que celui de la reconduction des demandeurs déboutés vers leur pays d'origine. Citant des sources au sein des Länder, Bild précise que le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux examinent certaines options pour accélérer le traitement de ces demandes. L'Allemagne doit faire face à un afflux massif de migrants dont le nombre approche les 10 000 par jour pour un total qui pourrait atteindre 800 000 cette année, selon les estimations gouvernementales.
Minisommet
Dans ce contexte de crise aiguë, l'Union européenne a convoqué un minisommet avec les dirigeants des pays européens confrontés à l'exode persistant de milliers de migrants et réfugiés. Les chefs d'État et de gouvernement d'Autriche, de Bulgarie, de Croatie, d'Allemagne, de Grèce, de Hongrie, de Roumanie, de Macédoine, de Serbie et de Slovénie se retrouveront dimanche à Bruxelles pour tenter de coordonner leur action face à une « situation d'urgence » dans les Balkans, a indiqué la Commission européenne. L'UE est appelée à l'aide par Ljubljana : avec l'installation de clôtures antimigrants par la Hongrie, la Slovénie devient, avec la Serbie et la Croatie, l'un des principaux pays de transit vers le nord de l'Europe. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a reconnu « les problèmes énormes (...), presque existentiels », qu'affronte « l'un des États membres les plus exigus de l'UE », la Slovénie, et ses deux millions d'habitants qui ont vu entrer près de 21 500 migrants sur leur territoire depuis samedi. « Police et protection civile sont aux limites de leurs capacités », selon le porte-parole du gouvernement slovène Bojan Sefic. Le commissaire européen aux Migrations, le Grec Dimitris Avramopoulos, est attendu en Slovénie aujourd'hui pour évaluer les besoins du pays.
Incendie
Hier, environ 11 000 migrants étaient accueillis dans les camps prévus à cet effet en attendant de pouvoir continuer leur route vers l'Autriche, frontière nord de la Slovénie. L'affluence dans ces centres rendait la situation précaire. À Brezice, près de la frontière croate, un feu d'origine inconnu a détruit 27 tentes collectives, soit la majorité des hébergements du camp prévu pour 400 migrants et qui en a reçu jusque 4 000 ces derniers jours. Rapidement maîtrisé, l'incendie n'a pas fait de blessé mais a provoqué un début de panique. Des brasiers de fortune sont allumés par les migrants pour se réchauffer, mais aussi pour protester contre l'attente, selon les médias slovènes. La tension est également brièvement montée à la frontière avec l'Autriche que plus d'un millier de personnes ont traversée à pied, en lieu et place des bus prévus, croyant sans doute, selon l'hypothèse de la police, être arrivées en Allemagne. Après avoir fait voter une extension des prérogatives de l'armée permettant aux soldats d'aider la police sur les 670 km de frontières bordant la Croatie et délimitant l'espace Schengen, le gouvernement slovène souhaite amender la loi pour pouvoir mobiliser les policiers à la retraite.
À la porte d'entrée de l'UE, en Grèce, où des milliers de migrants accostent sur des embarcations de fortune depuis les côtes turques, le nombre d'arrivées a connu une nouvelle accélération ces derniers jours. Selon l'Onu, quelque 502 000 personnes ont emprunté cette route depuis janvier, soit la grande majorité des entrées de migrants dans l'UE (643 000 au total). Et la Turquie dit se préparer à un nouvel afflux de réfugiés à sa frontière avec la Syrie après l'offensive menée dans le nord du pays par les forces du régime appuyées par l'aviation russe.
(Source : AFP)

