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Moyen Orient et Monde - Crise Des Migrants

Sollicitée par l’UE, la Turquie fait part de ses exigences

Ankara qualifie le plan d'action de simple « projet » et demande 3 milliards d'euros.

Des migrants entrant en Croatie par la Hongrie, qui a fermé sa frontière à minuit hier soir. Laszlo alogh/Reuters

La Turquie a jeté un froid hier en qualifiant son « plan d'action » avec l'UE de simple « projet » au budget « inacceptable ».
Dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'issue d'un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, la Commission européenne avait fait part de son « optimisme » en annonçant un accord avec Ankara pour endiguer les flux migratoires vers l'Europe. Mais le ministre turc des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu a douché l'enthousiasme bruxellois. « Ce n'est pas définitif (...) c'est un projet sur lequel nous travaillons », a-t-il déclaré devant la presse, qualifiant notamment d'« inacceptable » l'aide financière proposée par l'UE.
Face aux exigences de Bruxelles – accueillir davantage de réfugiés, renforcer la surveillance des frontières –,le plan d'action prévoit la relance des discussions sur la candidature de la Turquie à l'UE, un accès facilité aux visas pour les citoyens turcs et une aide financière d'un milliard d'euros, en redirigeant vers l'aide aux réfugiés des fonds déjà envisagés pour la Turquie, dans le cadre d'autres partenariats. Mais le chiffre de trois milliards a ensuite été évoqué, présenté par des sources européennes comme le montant minimal réclamé par Ankara.
Néanmoins, la chancelière allemande Angela Merkel s'est montrée ouverte hier à une concession à la Turquie qui souhaite être considérée comme un « pays sûr » par les Européens, en échange de l'aide d'Ankara pour tenter de stopper l'arrivée de réfugiés. « Bien évidemment, le respect des droits de l'homme ou la situation des Kurdes continuent de nous préoccuper, mais je considère comme faux le fait de refuser sur le fond ce statut à la Turquie », a jugé la dirigeante dans un entretien à la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) diffusé hier. « La Turquie est un pays candidat à l'Union européenne et, en tant que tel, le seul qui n'a pas le statut de pays sûr », a également relevé la chancelière qui se rend demain à Istanbul pour s'entretenir avec les dirigeants turcs de la situation des réfugiés. Si l'UE insiste, c'est que la voie maritime entre la Turquie et les îles grecques est devenue l'accès le plus emprunté chaque jour par les migrants cherchant à rejoindre l'UE.

La Hongrie ferme sa frontière
Pendant ce temps, la Hongrie a annoncé qu'elle allait fermer sa frontière avec la Croatie à minuit, un mois après en avoir fait autant avec la Serbie, pour couper la route vers l'Europe aux migrants qui ont transité par la Turquie. La veille, Budapest venait d'achever sa nouvelle clôture antimigrants avec son voisin croate, membre de l'UE mais qui n'appartient pas à l'espace Schengen. De fait, plus de 170 000 migrants sont entrés en Hongrie via la Croatie depuis le 15 septembre, les deux pays coopérant de facto pour assurer le transit quotidien.
De son côté, la Croatie va rediriger les migrants qui transitent par son territoire vers la Slovénie après la décision de la Hongrie de fermer sa frontière vers la Croatie à minuit, a déclaré hier le ministre croate de l'Intérieur Ranko Ostojic.

Tir mortel sur un migrant
Un migrant afghan a par ailleurs été tué jeudi soir par la police des frontières bulgare. Il s'agit du premier cas connu de tir mortel de forces de l'ordre depuis le début de la crise qui a vu affluer plus de 600 000 migrants en Europe, selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le jeune Afghan a été mortellement touché par un tir de sommation dont la balle a « ricoché », selon la police bulgare, qui tentait d'arrêter un groupe d'une cinquantaine de migrants qui venaient de franchir illégalement la frontière turque.
Le président Rossen Plevneliev a déploré un « incident tragique », et le haut-commissaire de l'Onu pour les réfugiés (HCR) a demandé une enquête sur le déroulement des faits.
À noter également la mort d'un migrant, percuté par un train dans le tunnel sous la Manche, entre la France et l'Angleterre.

La Turquie a jeté un froid hier en qualifiant son « plan d'action » avec l'UE de simple « projet » au budget « inacceptable ».Dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'issue d'un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, la Commission européenne avait fait part de son « optimisme » en annonçant un accord avec Ankara pour endiguer les flux migratoires vers l'Europe. Mais le ministre turc des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu a douché l'enthousiasme bruxellois. « Ce n'est pas définitif (...) c'est un projet sur lequel nous travaillons », a-t-il déclaré devant la presse, qualifiant notamment d'« inacceptable » l'aide financière proposée par l'UE.Face aux exigences de Bruxelles – accueillir davantage de réfugiés, renforcer la surveillance des frontières –,le plan d'action prévoit la relance...
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