Le président du Parlement iranien Ali Larijani s’est adressé hier aux députés réunis en session plénière à Téhéran. STR/AFP
Le Parlement iranien a franchi, hier, un pas important vers l'approbation de l'accord nucléaire avec les grandes puissances en adoptant les grandes lignes d'un texte de loi lors d'une séance houleuse, ont rapporté les médias iraniens.
Le texte qui autorise le gouvernement à appliquer l'accord a en effet été adopté par 139 députés. Cent ont voté contre et 12 se sont abstenus. Une quarantaine de députés étaient absents. Des députés conservateurs ont tenté d'empêcher le vote. Alireza Zakani, qui a dirigé la commission spéciale du Parlement ayant examiné pendant deux mois l'accord nucléaire, a demandé des « changements fondamentaux » dans le texte de loi car, selon lui, il sert plus les États-Unis que l'Iran.
Pour sa part, Ali Akbar Salehi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) qui a participé aux négociations, a dénoncé le comportement « immoral » de certains députés hostiles à l'accord. Lors d'une prise de parole particulièrement vive, il a dénoncé les propos d'un « frère qui a affirmé qu'il allait me couler dans le ciment ». « Est-ce une façon de parler ? » a-t-il demandé. Selon l'accord nucléaire, le cœur du réacteur nucléaire iranien d'Arak doit être démantelé et éventuellement coulé dans le ciment. « Nous avons négocié dans un cadre précis (...) qui nous avait été fixé » par le pouvoir, a-t-il expliqué pour rejeter les critiques des adversaires de l'accord.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot dans les grandes affaires du pays, y compris le dossier nucléaire, avait fixé les lignes rouges à ne pas franchir. Le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, chef des négociateurs iraniens, était présent au Parlement, mais n'a pas pris la parole. Selon le président du Parlement, Ali Larijani, les députés devront encore voter demain les différents articles du texte et les modifier s'ils le jugent nécessaire. C'est à l'issue de cette procédure que l'accord sera alors définitivement approuvé par les députés en vue de son application. Le vote d'hier au Parlement iranien intervient après l'échec du Congrès américain, dominé par les républicains, à torpiller l'accord nucléaire conclu le 14 juillet dernier. Cet accord conclu entre l'Iran et six grandes puissances (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie, Chine et États-Unis) prévoit de limiter le programme nucléaire civil iranien en échange d'une levée progressive et réversible des sanctions internationales imposées à son économie depuis 2006.
(Source : AFP)

