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Intervention russe

La Turquie d’Erdogan voit ses rêves régionaux s’envoler

Le président turc Recep Tayyip Erdogan. Nicolas Maeterlinck/AFP

La campagne de bombardements russes en Syrie contrecarre les plans du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui rêve de voir un régime allié prendre la place de Bachar el-Assad pour redonner à son pays une influence régionale perdue.
Réputé pour sa susceptibilité et son tempérament colérique, le président Erdogan s'est emporté contre son homologue russe, déclarant que Vladimir Poutine commettait « une grave erreur » qui risquait d'isoler davantage la Russie et de porter un coup dur aux relations entre leurs deux pays.
Pour ne rien arranger, une série d'incidents aériens ont envenimé les tensions entre la Turquie et la Russie ces derniers jours. Des avions russes ont à plusieurs reprises violé l'espace aérien turc.
Depuis le début du conflit syrien en 2011, la Turquie est l'un des principaux soutiens de l'opposition syrienne. Elle veut ainsi aider à un renversement d'Assad et à l'avènement d'un gouvernement allié qui lui permettrait de retrouver une partie de son influence de l'ère ottomane.
Or l'intervention russe en Syrie vient sérieusement compliquer la réalisation de ce grand dessein, estime le professeur de sciences politiques à l'université Bilgi d'Istanbul Ilter Turan.
« Il semblerait que les Russes ne soient pas (en Syrie) pour combattre l'EI mais pour modifier complètement l'équation afin d'offrir un répit à Assad », analyse-t-il pour l'AFP.

La Turquie marginalisée
L'engagement russe en Syrie a pour résultat de fortement polariser les alliances régionales, avec d'un côté Moscou et Téhéran et de l'autre un rapprochement entre Ankara et Riyad.
« La Turquie et ses amis sont marginalisés », estime M. Turan, tout en précisant que « bien avant l'intervention russe, il était clair que les desseins turcs pour la Syrie n'allaient pas se réaliser ».
Selon le président Erdogan, l'Iran et la Russie se complètent pour porter assistance au régime Assad : aux Russes les frappes aériennes, aux Iraniens le soutien au sol.
Signe du trouble provoqué dans les milieux nationalistes conservateurs turcs par l'implication grandissante de la Russie et de l'Iran en Syrie, l'éditorialiste Ibrahim Karagul compare leur action à l'invasion américaine de l'Irak en 2003. « L'intervention de ces deux pays (l'Iran et la Russie) est une invasion de la Syrie », écrit-il dans le journal progouvernemental Yeni Safak.


La campagne de bombardements russes en Syrie contrecarre les plans du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui rêve de voir un régime allié prendre la place de Bachar el-Assad pour redonner à son pays une influence régionale perdue.
Réputé pour sa susceptibilité et son tempérament colérique, le président Erdogan s'est emporté contre son homologue russe, déclarant que...

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