Le 3 octobre 1990, les deux Allemagnes, séparées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sont redevenues une. Gilles Leimdorfer/AFP
C'est une Allemagne en pleine interrogation sur son identité qui fête aujourd'hui le 25e anniversaire de sa réunification, dans un contexte d'afflux sans précédent de migrants et de scandale des moteurs truqués de Volkswagen.
Le 3 octobre 1990, les deux Allemagnes, séparées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, sont redevenues une, moins d'un an après la chute du mur qui les divisait, et grâce à un tour de force politique et un engagement de la société auxquels Angela Merkel aime à se référer aujourd'hui, alors que le pays fait à nouveau face à une situation hors du commun. Certes, l'accueil de centaines de milliers de réfugiés cette année n'a pas grand-chose en commun avec le défi qu'a représenté l'absorption par la RFA de la République démocratique allemande, avec ses structures sociales complètement différentes et son économie en pleine déliquescence. « Mais ce sentiment général – lorsqu'une grande tâche se présente à nous, alors nous pouvons y arriver –, ça, je pense, nous pouvons tout à fait nous le remettre en mémoire », a déclaré il y a quelques jours la chancelière, qui a elle-même grandi en RDA communiste. Comme la réunification il y a 25 ans, l'arrivée des réfugiés marquera « un tournant » pour la société allemande, a-t-elle dit cette semaine.
« Grosses différences »
À l'époque, la joie des retrouvailles a vite cédé la place à l'urgence de les cimenter politiquement, juridiquement et administrativement, puis au long cheminement de deux sociétés et deux économies très différentes vers une identité commune. « Les premières années, l'Allemagne s'est retrouvée dans une situation de déséquilibre profond », se souvient l'historien Paul Nolte, de l'Université libre de Berlin. Mais en quelques années, « l'Allemagne réunifiée est devenue quelque chose de normal », poursuit-il.
« Ossis » et « Wessis », du nom donné respectivement aux ex-Allemands de l'Est et de l'Ouest, se sont graduellement rapprochés « et nous sommes arrivés au point où nous pouvons faire face à un nouveau défi », explique M. Nolte. C'est ce qui explique que le message de Mme Merkel sur les réfugiés, qui assure à ses concitoyens que le pays « va y arriver », trouve un écho favorable chez les Allemands.
Certaines différences entre les deux Allemagnes sont tenaces : un chômage plus élevé à l'est, qui s'est aussi graduellement dépeuplé et n'abrite aucune des grandes entreprises allemandes – tout comme aucun club de football de l'Est ne joue en Bundesliga ; une vision différente de la famille et notamment de la place de la femme dans celle-ci, avec un modèle toujours nettement plus conservateur à l'ouest. Selon un sondage récent de YouGov, 71 % des Allemands à l'ouest et 83 % à l'est estiment qu'il reste « de grosses différences » entre les deux parties du pays.
Cela ne les empêchera pas de fêter aujourd'hui l'anniversaire de leur réunion. Les festivités nationales ont lieu à Francfort-sur-le-Main, capitale financière du pays. Mme Merkel y participera tandis qu'un autre Allemand originaire de l'Est, le président de la République Joachim Gauck, prononcera le discours de la manifestation. La journée, marquée par des concerts et un feu d'artifice, est placée sous le slogan Dépasser les frontières.
(Source : AFP)
Angela Merkel parmi les favoris du Nobel de la paix
La chancelière allemande Angela Merkel fait partie des favoris du prix Nobel de la paix, le quotidien Bild croyant en ses chances hier, à quelques jours du début de l'attribution de ces prestigieuses récompenses. « La raison : ses positions lors de la crise ukrainienne et en faveur des réfugiés », estime le journal. Au total, 276 personnes et organisations ont été proposées cette année, deux de moins que le record de 2014. De cette liste, l'Institut Nobel norvégien ne dévoile rien, laissant libre cours à l'imagination jusqu'au 9 octobre, date à laquelle il révèle le ou les lauréats. L'an dernier, le prix avait récompensé la jeune militante pakistanaise pour l'éducation des filles, Malala Yousafzai, et un autre militant des droits de l'enfant, l'Indien Kailash Satyarthi.


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