Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Archives/Reuters
Un député ultraconservateur iranien a dénoncé, hier, une poignée de main impromptue à New York entre le président américain Barack Obama et le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, selon des médias iraniens. « Serrer la main de l'ennemi est contraire aux principes de la révolution islamique », a déclaré à l'agence de presse iranienne Tasnim ce député, Mansour Haghighatpoor. Il a ajouté que les députés allaient « enquêter pour connaître la vérité », disant « espérer » que cette poignée de main « ne sera pas confirmée », car si elle l'était, les parlementaires « ne resteraient pas indifférents et réagiront ». Selon l'agence de presse Isna citant « une source informée proche de la délégation iranienne à New York », la poignée de main aurait eu lieu après le discours du président iranien Hassan Rohani devant l'Assemblée générale de l'Onu. M. Zarif « quittait le hall (de l'Onu) quand il s'est retrouvé par hasard face au président Obama et à John Kerry, le secrétaire d'État américain, qui allaient à l'Assemblée générale, ils se sont brièvement salués et se sont serré la main », selon cette source. L'Iran et les États-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, année de la prise en otage des diplomates de l'ambassade des États-Unis à Téhéran par des étudiants islamistes, quelques mois après la révolution islamique de 1979. Les relations entre les deux pays se sont toutefois améliorées depuis la conclusion de l'accord nucléaire du 14 juillet entre l'Iran et les grandes puissances, dont les États-Unis. MM. Zarif et Kerry ont été les principaux artisans de cet accord, conclu après deux ans de négociations acharnées. Si les deux ministres se sont serré la main à de multiples reprises, aucun président américain n'a officiellement rencontré de responsable iranien depuis 1980.

