Pourquoi avoir créé la Beirut Photo Fair? Qu'apporte-t-elle de plus que la Beirut Art Fair qui inclut en bonne partie la photographie ?
Beirut Photo Fair (BPF) a été lancée en 2012 pour combler un vide au Liban et dans la région au niveau du marché de l'art photographique. Il fallait un événement qui lui soit exclusivement dédié. Car la photo est un véhicule à la fois sous-exploité (au niveau du marché local et régional) et en plein développement, car à la portée de tous. Et cela grâce à la prolifération d'appareils de plus en plus performants, des smartphones et autres applications comme Instagram, qui permettent le partage et la diffusion rapide des images.
Cette édition est la troisième du genre. Son but est également de placer Beyrouth au centre de l'activité artistique en tout genre. Car, dans ce même esprit, l'Artheum organise aussi la Contemporary Beirut, dédiée à l'art contemporain, ainsi que d'autres foires d'art et de design.
Comment se fait la sélection des participants ?
Un appel à candidatures est lancé six mois au préalable, au cours desquels l'équipe d'Artheum reçoit les demandes de participation aussi bien de galeries que de particuliers. Et c'est elle qui opère une présélection en fonction de critères précis: la qualité substantielle du travail, la cohérence dans l'engagement, mais aussi l'originalité du travail ainsi que la technique et la composition.
Comment la BPF a évolué en 3 ans ?
Toute foire d'art requiert une certaine organisation qui, pour le moins qu'on puisse dire, est assez complexe, ainsi que des fonds considérables. Or le climat politique, économique et social ne favorise pas vraiment une évolution positive des choses. Le contenu pourrait être nettement plus intéressant s'il régnait une plus grande confiance en l'avenir.
En dépit de ce frein au développement, la foire reste la plateforme beyrouthine de promotion de la photographie contemporaine. Pour cette troisième édition, elle expose 25 participants, dont certains établis professionnellement, à l'instar de Charbel Boueiz, Lara Zankoul, Nada Raphaël ou encore Christina Malkoun... Même si l'objectif de la Beirut Photo Fair est essentiellement de faire découvrir et d'encourager de nouveaux talents.
Enfin, si les participants sont en majorité libanais, une poignée d'artistes français, belge, japonais, finlandais, marocain ou encore canadien apportent également leurs différents regards.
Y a-t-il un genre photographique ou une thématique qui prédomine cette année ?
Non. Car nous recherchons la variété. Et pour cela nous laissons libre cours aux participants. Évidemment, cette année, comme les précédentes, il y a des paysages, des photos de voyage, des images documentaires, d'autres abstraites et conceptuelles, comme celles par exemple de Rob Hocking, un étudiant canadien à Cambridge, qui créé ses photos en se basant sur des équations et des algorithmes
mathématiques.
Quelle est la fourchette des prix pratiqués ?
Elle varie de 200 à 4 000 USD. Il y a même de petits tirages à 25 dollars.
À découvrir de visu, jusqu'au 7 octobre.
*506 Corniche el-Nahr. Horaires d'ouverture : de 16h à 21h. Tél. : 71/781783.
Pour mémoire
Plonger dans les images de Hania Farrell et se laisser immerger...
47 galeries et 14 pays pour la cinquième édition du Beirut Art Fair au Biel

