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Moyen Orient et Monde - Voyage Pontifical

Le pape impose son message aux États-Unis, de l’immigration à l’écologie

Une messe géante de près d'un million et demi de personnes s'est déroulée hier sur l'artère centrale de Philadelphie.

Hier, plus d’un millon et demi de fidèles étaient réunis sur l’artère principale de Philadelphie pour accueillir le pape. Jim Bourg/Reuters

Le pape François a achevé hier un voyage de six jours aux États-Unis, qui a conquis les Américains de Washington à Philadelphie en passant par New York, sans éviter les sujets qui fâchent, de la répartition des richesses à l'immigration ou encore l'écologie.
Jorge Bergoglio, 78 ans, a présidé sur l'artère centrale de Philadelphie une messe géante en présence d'un million et demi de personnes, à la clôture de la huitième rencontre des familles catholiques. Des Américains étaient présents, mais aussi beaucoup de groupes d'autres pays, dont le Mexique.
Auparavant, il s'est rendu dans la prison de Curran-Fromhold pour y parler avec une centaine de détenus. Le pape a mis l'accent sur la guérison morale et la réhabilitation : « Cela fait mal de voir les systèmes carcéraux qui ne se préoccupent pas de soigner les blessures, de soulager la peine, d'offrir de nouvelles possibilités », a-t-il martelé. « Tous, nous avons besoin d'être nettoyés, d'être lavés » par une conversion intérieure, a-t-il ajouté, avant de s'adresser à chacun des détenus amicalement.« Dieu pleure pour ceux qui ont été agressés », a dit le pape à des victimes de pédophiles qu'il a par ailleurs rencontrées hier, promettant que leurs agresseurs rendraient des comptes, signe de son intransigeance sur ce fléau qui a discrédité l'Église catholique américaine. « Ceux qui ont souffert sont devenus de vrais héros de la miséricorde », a-t-il dit, promettant que les responsables « répondront de leurs actes » et qu'il sera « très attentif à cette question ».
En rencontrant des victimes d'actes pédophiles commis par des prêtres, mais aussi par des éducateurs ou des proches, le pape a voulu montrer que ce fléau ne touche pas que l'Église catholique, au risque d'irriter les associations de victimes.
D'autre part, le pape a dénoncé hier, à une semaine du synode sur la famille, une « culture de supermarché » qui se répercute dans un refus généralisé du mariage catholique, appelant les évêques à communiquer aux jeunes le projet chrétien plutôt que de critiquer la société. « Nous nous méprendrions si nous voyions cette "culture" du monde contemporain comme une pure indifférence vis-à-vis du mariage et de la famille, comme un pur et simple égoïsme. Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui sont irrémédiablement timides, faibles, inconsistants ? Nous ne devons pas tomber dans ce piège », a-t-il remarqué à Philadelphie devant plusieurs centaines d'évêques du monde entier.

« Fils d'une famille d'immigrés »
L'accent a tout de suite été mis sur un sujet qui divise les Américains dans la campagne électorale : l'immigration. Le pape, qui s'est défini dès son arrivée à Washington comme « le fils d'une famille d'immigrés » (italiens en Argentine), n'a cessé d'appeler les Américains à se souvenir de leurs ancêtres immigrés et à accueillir ceux qui viennent du Mexique ou d'ailleurs partager « le rêve américain ».
Se référant à Abraham Lincoln et Martin Luther King, le pape a appelé les Américains à s'inspirer de leurs exemples et à retrouver les valeurs fondatrices de la nation américaine, particulièrement à Philadelphie où est née la Constitution américaine : courage, brassage des cultures, liberté religieuse. Il leur a demandé de poursuivre les grandes luttes pour les droits fondamentaux, économiques, sociaux et spirituels.
Dans un discours historique devant le Congrès – une première pour un pape –, il a demandé aux élus américains d'assumer leurs responsabilités pour assurer un système économique plus équitable et corriger le réchauffement climatique, en acceptant des engagements contraignants. Il a fustigé les pouvoirs de la finance, la technologie aveugle, en demandant aux politiques de ne pas se soumettre à leurs diktats. Il a aussi demandé aux sénateurs et aux représentants d'établir les responsabilités dans le commerce des armes qui alimentent les guerres. Et il a appelé les États-Unis à abolir la peine de mort.
Toutes ces prises de position n'ont pas plu aux plus conservateurs du camp républicain. Mais les critiques ont été globalement modérées.
Un autre moment poignant a été la rencontre sur le lieu des attentats du 11-Septembre, à Manhattan, où il a condamné la violence au nom de la religion et prêché la tolérance.
Tout au long de son voyage, au programme très chargé et varié, le pape a montré parfois des signes de fatigue, boitant en raison d'un problème de hanche.
Ce voyage, très couvert par les chaînes américaines, a confirmé la popularité du pape au-delà des catholiques, chez les non-croyants.

(Source : AFP)

Le pape François a achevé hier un voyage de six jours aux États-Unis, qui a conquis les Américains de Washington à Philadelphie en passant par New York, sans éviter les sujets qui fâchent, de la répartition des richesses à l'immigration ou encore l'écologie.Jorge Bergoglio, 78 ans, a présidé sur l'artère centrale de Philadelphie une messe géante en présence d'un million et demi de personnes, à la clôture de la huitième rencontre des familles catholiques. Des Américains étaient présents, mais aussi beaucoup de groupes d'autres pays, dont le Mexique.Auparavant, il s'est rendu dans la prison de Curran-Fromhold pour y parler avec une centaine de détenus. Le pape a mis l'accent sur la guérison morale et la réhabilitation : « Cela fait mal de voir les systèmes carcéraux qui ne se préoccupent pas de soigner les...
commentaires (2)

"Ce voyage, (très couvert !), a confirmé la popularité du pape au-delà des catholiques, chez les non-croyants." ! Quels non-croyants ? Qui, quand, comment ? Pas les protestants quand même !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 46, le 28 septembre 2015

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Commentaires (2)

  • "Ce voyage, (très couvert !), a confirmé la popularité du pape au-delà des catholiques, chez les non-croyants." ! Quels non-croyants ? Qui, quand, comment ? Pas les protestants quand même !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 46, le 28 septembre 2015

  • "Le pape a voulu montrer que ce fléau (la pédophilie) ne touche pas que l'Église catholique, au risque d'irriter les associations de victimes." Pourquoi ces associations seraient-elles irritées?Pourquoi, surtout, seule l'église est-elle mise au pilori? D'après une étude effectuée en 2002 par le Department of Education 6 à 10 % de tous les élèves inscrits dans les Public-School seraient victimes d'abus sexuels pendant leurs scolarité. Une autre étude datant de 2005 montre que les enseignants et éducateurs coupables d'abus sexuels sont rarement inquiétés.

    Yves Prevost

    08 h 00, le 28 septembre 2015

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