Yannick Noah, icône du tennis hexagonal et dernier Français lauréat à Roland-Garros (1983), veut avant tout « faire preuve d’autorité » pour son retour à la tête des Bleus en Coupe Davis, a-t-il expliqué mardi, en conférence de presse. Jacques Demarthon/AFP
Sera-t-il l'homme providentiel ? Yannick Noah fait son retour à la tête de l'équipe de France de Coupe Davis pour l'aider à reconquérir enfin le Saladier d'argent, qui la fuit depuis quatorze ans. Le come-back du capitaine vainqueur des campagnes de 1991 et 1996 n'était plus qu'un « secret de Polichinelle », après l'éviction brutale d'Arnaud Clément vendredi dernier. La Fédération française de tennis avait soumis le choix de Noah la semaine dernière à son bureau fédéral, qui l'a officiellement nommé lundi « pour la campagne 2016 ».
Autrefois « grand frère » de la génération Leconte/Forget, Yannick Noah va enfiler les habits du Père Fouettard pour permettre à Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet et consorts de remporter la Coupe Davis. L'icône du tennis hexagonal, dernier Français lauréat à Roland-Garros (1983), veut avant tout « faire preuve d'autorité » pour son retour à la tête des Bleus, a-t-il expliqué mardi, lors de sa première conférence de presse.
Pas de passe-droits
Les mots de Noah ont été clairs : il n'y aura pas de traitement de faveur, même pour les vedettes. « À partir du moment où le cadre est défini, celui qui sort du cadre sort. Il n'y aura pas un, pas deux, pas trois avertissements. » Pour Noah, regagner le Saladier d'argent, pour la première fois depuis 2001, passe par la modification de « certains fonctionnements » passés. « J'ai espoir de recadrer, de réorganiser certaines choses (...) Il y a une vraie envie. Le message est passé. J'ai une vraie équipe, motivée. »
« J'ai un plan clair. Les joueurs adhèrent », a souligné le capitaine de l'équipe de France, balayant l'idée que son retour ne ferait pas l'unanimité. L'unanimité était justement « essentielle » pour qu'il accepte de revenir, a expliqué Noah, qui assure avoir des contacts avec tous les joueurs, mais ne les a pas tous encore rencontrés. Même Gilles Simon, qui avait dénoncé au nom des joueurs un manque de respect vis-à-vis de Clément, a été séduit par le projet Noah. « Je vois beaucoup de positif là-dedans. Ça m'intéresse de voir comment ça va se dérouler », a commenté le 10e joueur mondial.
Seul maître à bord
Nommé lundi donc, Noah n'a pas encore défini les contours de son équipe. Cédric Pioline, double finaliste en grand chelem, qu'il avait entraîné en 1996, souhaiterait l'épauler. Mais Noah veut se laisser du temps pour mettre en place « le meilleur staff possible ». La décision interviendra avant le tournoi de Paris-Bercy (31 octobre-8 novembre), où il espère rencontrer un maximum de joueurs. « Je ne serai influencé par personne. Ce sera mon choix », a-t-il souligné.
« J'ai toujours été disponible pour Arnaud (Clément). Son mode de fonctionnement, je le respecte. J'ai toujours été disponible par des messages, mais il ne m'a jamais rappelé. Aujourd'hui, je serais prêt à lui parler, mais je ne pense pas que ce soit d'actualité. Peut-être que cela changera », a expliqué Noah au sujet de son prédécesseur. Il a dit comprendre la « douleur » de Clément. Mais l'essentiel reste le terrain. « Aujourd'hui, il y a urgence parce qu'il n'y a pas de résultats. L'essentiel, c'est de faire pleurer les gens de joie. Or, cela fait des années que l'on pleure de tristesse », a insisté Noah, soulignant que « cette génération » (Tsonga, Gasquet, Monfils, Simon, etc.) était « en train de tranquillement passer ».
Le directeur technique national Arnaud di Pasquale a, lui, démenti « toute théorie du complot » concernant Clément, qui a dit avoir eu l'impression « d'avoir été trahi ».
Groupe élargi
Noah a parlé de « dix joueurs » potentiellement sélectionnables. Parmi eux, on trouve les quatre piliers (Tsonga, Gasquet, Simon, Monfils), les spécialistes du double (Pierre-Hugues Herbert, Julien Benneteau, Nicolas Mahut), mais aussi des joueurs jamais retenus (Adrian Mannarino, Benoît Paire, Lucas Pouille). « Je veux qu'ils se sentent tous concernés. À un moment ou un autre, ces joueurs-là seront amenés à représenter l'équipe de France », a-t-il affirmé.
Yannick Noah est cependant resté évasif concernant son plan d'attaque, parce qu'il a été nommé récemment, et parce que les « informations doivent rester dans le vestiaire ». Il a du moins expliqué que l'accent serait remis sur le double. « Il a quasiment toujours été décisif lorsque j'étais capitaine (dans le passé). Il faut montrer aux joueurs que le double a son importance », a souligné Noah, qui n'a pas de contrat pour l'après-2016. « On se verra à la fin de la saison pour se dire si on y retourne ou pas. »
(Source : AFP)
Impasse sur le Masters : le patron de l'ATP rappelle à l'ordre Murray
Le patron de l'ATP a rappelé que la participation d'Andy Murray au Masters, fin novembre, était « obligatoire » sauf blessure, alors que le Britannique envisage de faire l'impasse pour mieux se préparer à la finale de la Coupe Davis. « Le Masters est un tournoi obligatoire du circuit ATP. La présence de tous les joueurs qui y sont qualifiés est donc obligatoire (...), a affirmé Chris Kermode. Il est en train de réaliser une superbe saison et a gagné sa place parmi les huit meilleurs joueurs qui participeront à ce tournoi. Nous avons entendu ses commentaires après la Coupe Davis à Glasgow. Néanmoins, s'il n'est pas blessé, Andy Murray devra participer au Masters. » Andy Murray avait expliqué qu'il pourrait renoncer au « Tournoi des maîtres » (15-22 novembre), qui s'achèvera moins d'une semaine avant la finale de la Coupe Davis (27-29 novembre) en Belgique.


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