Le président français François Hollande à Tanger sert la main du roi du Maroc Mohammad IV après la signature de l’Appel de Tanger en vue de la prochaine conférence climat (COP21). Fadel Senna/AFP
Le président français François Hollande a poursuivi, hier à Tanger, son offensive de charme pour renouer des relations sereines avec le Maroc et son roi Mohammad VI, affectées par une brouille de près d'un an.
Les difficultés entre les deux pays « sont non seulement effacées et surmontées, mais surtout dépassées », a déclaré M. Hollande au second jour de sa visite dans le royaume. L'objectif de ce déplacement à Tanger, le grand port du nord du Maroc, était de démontrer que la brouille diplomatique de près d'un an provoquée par des dépôts de plaintes en France pour « torture » visant le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, était bel est bien terminée. Et que le temps était venu de renouer les liens traditionnellement forts de la France avec son ancien protectorat, allié de poids au Maghreb sur le plan aussi bien sécuritaire, politique qu'économique.
S'adressant à la communauté française au consulat, le président français a affirmé avoir « ouvert » avec Mohammad VI « une nouvelle étape » du partenariat franco-marocain. « Nous avons une coopération qui n'a jamais cessé » et « rien ne pourra l'altérer », a affirmé M. Hollande, en évoquant la politique sécuritaire. Car, a-t-il précisé, les deux pays sont « confrontés aux mêmes défis » dans la lutte contre le terrorisme, notamment du groupe jihadiste État islamique.
Appel de Tanger
Les deux chefs de l'État ont signé hier un Appel de Tanger pour « la réussite » de la prochaine conférence climat (COP21) qui se tient à Paris entre le 30 novembre et le 11 décembre. Dans cette déclaration les deux dirigeants promettent de travailler « main dans la main pour la réussite de ces deux rendez-vous » et de la suivante. Le Maroc, qui doit organiser la COP22 en 2016 à Marrakech, fait figure de bon élève dans ce domaine. Il est le premier pays du Maghreb à avoir remis sa contribution pour la Conférence de Paris, avec l'objectif de passer à 42 % d'énergies renouvelables d'ici à 2020 et de réduire de 32 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 2010.
En dépit de ces bonnes intentions, la visite de M. Hollande se déroule sous le feu de critiques d'organisations de défense des droits de l'homme et de la liberté de la presse. L'association Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé des atteintes à « la liberté d'information » au Maroc, alors que d'autres se sont insurgés de la prochaine remise des insignes d'officier de la Légion d'honneur à M. Hammouchi, comme l'a promis le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, pour récompenser le rôle du chef de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), dans la lutte contre le terrorisme.
(Source : AFP)

