Hier, une foule de migrants se trouvait dans la petite gare de Tovarnik, ville croate proche de la frontière serbe, cherchant à monter dans des trains pour rejoindre Zagreb. Photo AFP
Des milliers de migrants ont continué d'affluer hier en Croatie où les autorités avouent être débordées. Au total, 6 200 migrants se trouvaient hier sur le sol croate, a précisé Zagreb, qui s'attend à un afflux de plus de 20 000 personnes dans les deux semaines à venir et redoute une situation « hors de contrôle ».
Dans la matinée, la petite gare de Tovarnik, ville croate proche de la frontière serbe, était envahie par les migrants qui cherchaient à monter dans des trains pour rejoindre Zagreb et poursuivre leur voyage. « Il y a entre 4 000 et 5 000 personnes ici. Les trains arrivent mais ils ne peuvent pas prendre tous ces gens », a assuré un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) Jan Kapic. Face à cet afflux « les choses sont dans une certaine mesure en train d'échapper à tout contrôle », s'est inquiétée la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic.
Le Premier ministre croate, Zoran Milanovic, a réaffirmé que Zagreb voulait laisser passer les migrants vers d'autres pays. « Nous ne voulons ni ne pouvons les garder en Croatie. Personne ne peut nous y contraindre. Nos ressources sont limitées », a-t-il déclaré, cité par l'agence croate Hina.
À la frontière serbo-hongroise, au poste-frontière de Horgos-Röszke, environ 300 migrants étaient toujours massés hier sous un soleil de plomb.
« UE, réveille-toi ! »
Après la frontière serbe, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé qu'il envisageait maintenant de faire construire des barrières aux frontières avec la Roumanie et la Croatie. L'Europe « est née pour abattre les murs, pas pour les construire », a réagi le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, dans une critique transparente de la Hongrie.
Parallèlement, en Turquie, des centaines de Syriens cherchent une porte d'entrée terrestre vers la Grèce pour rejoindre le flux des migrants sans passer par la mer où les naufrages meurtriers se succèdent. Plusieurs centaines de migrants continuaient hier de camper aux abords de la ville d'Edirne, frontalière de la Grèce et de la Bulgarie, bloqués par la police turque. « UE, réveille-toi, des femmes et des enfants sont en train de mourir ! » proclamait l'une des pancartes brandies par ces réfugiés.
Destination rêvée par la plupart des candidats à l'exil, l'Allemagne a enregistré 9 100 arrivées sur son territoire mercredi, contre 6 000 la veille, preuve que le flux est loin d'être stoppé.
Le Danemark a annoncé qu'il acceptait finalement d'accueillir, sur la base du volontariat, 1 000 des 120 000 réfugiés que l'UE veut répartir pour soulager les pays où ils se concentrent. Et le Portugal s'est dit prêt à accueillir « au moins 2 000 réfugiés » supplémentaires, ce qui porterait leur nombre à 3 500 environ.
Rencontre au sommet
Par ailleurs, le sommet de l'Union européenne aura lieu mercredi après-midi à Bruxelles, au lendemain d'une rencontre des ministres de l'Intérieur sur le dossier, a annoncé hier le président du Conseil européen, Donald Tusk.
Le président français, François Hollande, a mis en garde hier contre les « dangers » qui menaceraient l'espace Schengen si un accord n'était pas trouvé en Europe sur l'accueil des réfugiés, dans un entretien accordé à l'AFP. Selon lui, « on serait alors obligé de rétablir des postes de douane, de contrôle, également dans les moyens de transport, et ce serait la fin de Schengen au sens d'un espace contrôlé qui assurait la liberté de circulation ». D'autre part, en visite à Modène, François Hollande a déclaré que le sommet européen de mercredi prochain doit aider la Turquie à faire en sorte que les réfugiés présents sur son sol puissent y rester en attendant une issue au conflit en Syrie.
Pour rappel, mardi, la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue autrichien Werner Faymann avaient demandé la tenue rapide d'un sommet pour s'entendre sur une répartition contraignante de 120 000 réfugiés et aider à résoudre la plus grande crise migratoire sur le continent depuis 1945. Mais d'autres pays, notamment ceux de l'Est comme la Slovaquie et la Hongrie, continuent de s'opposer fermement à tout quota imposé de migrants.
(Source : AFP)

