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Moyen Orient et Monde - Afrique

Coup d’État militaire au Burkina Faso

Un an après la chute de Blaise Compaoré, la transition est coupée net et les élections générales freinées.

Le général de brigade Gilbert Diendéré, un proche de l’ex-président Blaise Compaoré qui a pris la tête des putschistes burkinabés, s’est exprimé hier depuis le palais présidentiel à Ouagadougou pour justifier le coup d’État. Ahmad Ouoba/AFP

Une unité d'élite de l'armée a renversé hier les autorités de transition au Burkina Faso. Ce coup d'État militaire intervient alors que ce pays de 17 millions d'habitants, enclavé au cœur du Sahel, se préparait à des scrutins présidentiel et législatifs cruciaux, le 11 octobre, censés clore la transition ouverte après la chute de l'ancien président Blaise Compaoré il y a moins d'un an.
À Ouagadougou, les militaires putschistes ont posté leurs véhicules blindés devant le palais présidentiel. Ils n'ont pas hésité à tirer pour disperser des manifestants hostiles au coup d'État. Au moins une personne a été tuée par balle et une soixantaine d'autres blessées, selon un bilan fourni par un médecin du principal hôpital de Ouagadougou. Les putschistes – des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), corps d'élite de l'armée et garde prétorienne de l'ex-président
Compaoré – ont décrété un couvre-feu nocturne et ordonné la fermeture des frontières terrestres et aériennes jusqu'à nouvel ordre. Le RSP, qui compte 1 300 hommes, avait déjà à plusieurs reprises perturbé la transition, et son coup d'État intervient deux jours après qu'une commission du régime transitoire eut recommandé sa dissolution, pour le fondre dans les effectifs du reste de l'armée.
Dénonçant « le régime déviant de la transition », les putschistes ont porté à la tête de leur « Conseil national pour la démocratie » (CND) le général de brigade Gilbert Diendéré, ancien chef d'état-major particulier de M. Compaoré. Homme de l'ombre jusqu'à présent, le général Diendéré avait été impliqué dans le coup d'État qui porta au pouvoir son mentor en octobre 1987, au cours duquel avait été assassiné le capitaine Thomas Sankara, « père de la révolution » burkinabè.

Condamnations unanimes
Mercredi, des hommes de la garde présidentielle avaient fait irruption en plein Conseil des ministres, prenant en otages le président intérimaire Michel Kafando et son gouvernement, qu'ils retiennent toujours. Le général Diendéré a assuré hier que le président et son gouvernement allaient « bien » et seraient « relâchés », sans plus de précisions. Il a par ailleurs affirmé que l'ex-président n'était pas derrière ce putsch, assuré ne pas avoir eu de contact avec lui « ni avant ni après » et s'est targué du « soutien de l'armée », au micro de la chaîne France 24. Auparavant, il avait justifié le coup d'État par les « mesures d'exclusion prises par les autorités de transition », en référence à un nouveau code électoral controversé, interdisant aux partisans de l'ancien président de concourir à la présidentielle. Cette loi avait été invalidée par une cour de justice ouest-africaine.
Toutefois, en dépit des assurances du général Diendéré, de nombreux Burkinabés se demandent, sur les réseaux sociaux, si M. Compaoré n'est pas à la manœuvre. On ignore où se trouve l'ex-président, qui réside habituellement en Côte d'Ivoire depuis son exil forcé. Dans la capitale, grand marché, magasins et administrations étaient fermés hier. Les syndicats ont appelé à la grève et la plupart des commerces étaient fermés à Bobo-Dioulasso, la 2e ville du pays, où de nombreux habitants sont descendus dans la rue. Des protestations ont eu lieu ailleurs en province.
Le putsch a été unanimement condamné par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'Onu, l'Union africaine, l'Union européenne et la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest ont réclamé la libération du président Kafando et de son gouvernement, pressant les militaires de « faire preuve de retenue et de respecter les droits de l'homme et la sécurité » de la population. Le président français François Hollande a, lui, appelé à la « remise en place » des institutions, tout en assurant que les militaires français sur place n'interviendront pas. Paris dispose de 220 soldats des forces spéciales à Ouagadougou, dans le cadre de son opération antijihadistes « Barkhane ».
(Source : AFP)

Une unité d'élite de l'armée a renversé hier les autorités de transition au Burkina Faso. Ce coup d'État militaire intervient alors que ce pays de 17 millions d'habitants, enclavé au cœur du Sahel, se préparait à des scrutins présidentiel et législatifs cruciaux, le 11 octobre, censés clore la transition ouverte après la chute de l'ancien président Blaise Compaoré il y a moins d'un an.À Ouagadougou, les militaires putschistes ont posté leurs véhicules blindés devant le palais présidentiel. Ils n'ont pas hésité à tirer pour disperser des manifestants hostiles au coup d'État. Au moins une personne a été tuée par balle et une soixantaine d'autres blessées, selon un bilan fourni par un médecin du principal hôpital de Ouagadougou. Les putschistes – des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP),...
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