Des réfugiés ayant traversé la frontière entre la Macédoine et la Grèce qui recueille tous les jours des milliers de personnes. Stoyan Nenov/Reuters
L'Europe s'est mobilisée, hier, face à un afflux de migrants qui ne tarit pas. En effet, après un nombre record d'arrivées ce week-end en Allemagne, la pression de la pire crise migratoire sur le continent européen depuis des décennies ne diminue nullement.
« Ce que nous vivons est quelque chose qui va (...) nous changer, nous voulons que le changement soit positif et nous pensons que nous pouvons y arriver », a souligné la chancelière Angela Merkel à Berlin, détaillant un programme fédéral de six milliards d'euros pour 2016 qui vise à améliorer la prise en charge et l'intégration des migrants. La dirigeante conservatrice a précisé que la facture pourrait atteindre un total de 10 milliards d'euros l'année prochaine. Encore 3 000 migrants étaient parvenus en milieu d'après-midi en Allemagne, à l'issue d'un week-end qui a vu l'arrivée dans ce pays de 20 000 personnes en provenance de Hongrie via l'Autriche. Signe de l'ampleur du travail encore à accomplir, l'Allemagne s'attend à recevoir 800 000 demandes d'asile cette année, quatre fois plus que l'année précédente.
Pour sa part, la France s'est engagée à accepter 24 000 réfugiés en deux ans, dans le cadre d'un plan de répartition de l'Union européenne. Sans politique d'ensemble, ce sera « la fin de (l'espace de libre circulation) Schengen », a averti le président François Hollande qui souhaite aussi une conférence internationale sur la crise migratoire. Cette décision de la France a été saluée hier par la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, qui a appelé tous les membres de l'Union européenne à agir « avec le même courage » pour faire face à la crise des migrants. Avec ces quotas d'accueil, l'Allemagne se retrouve en première ligne (26,2 %, 31 443 réfugiés), suivie de la France (20 %, 24 031) et de l'Espagne (12,4 %, 14 931). De son côté, la Commission européenne va proposer demain de répartir entre États membres de l'UE 120 000 réfugiés au cours des deux prochaines années. Un projet qui va s'ajouter à la réinstallation de 40 000 migrants annoncée en mai.

« Le temps presse »
Mais le principe des quotas est cependant loin de faire l'unanimité, notamment en Europe de l'Est. Le Premier ministre populiste hongrois Viktor Orban a d'ores et déjà jugé prématuré de débattre de la répartition tant que l'afflux de migrants ne serait pas sous contrôle. Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Garcia Margallo, a pour sa part jugé que la crise risquait de « ternir l'image de l'Europe ». Dans ce contexte, Mme Merkel a une fois de plus appelé ses partenaires européens à agir. « Le temps presse pour trouver une solution », a-t-elle martelé.
« Entre 15 000 à 17 000 réfugiés » se pressent actuellement à Lesbos où la situation est « au bord de l'explosion », selon le gouvernement grec. Des renforts de police et de l'armée ont dû être dépêchés sur cette île dimanche. 2 600 autres réfugiés et migrants ont été recueillis en mer par les garde-côtes grecs entre vendredi et hier matin. Et plus de 2 000 migrants sont entrés de Grèce en Macédoine depuis lundi matin tandis que quelque 8 000 autres attendaient encore de pouvoir franchir la frontière pour rejoindre l'Europe occidentale et en particulier l'Allemagne. La police danoise a pour sa part empêché hier des dizaines de réfugiés de passer la frontière avec la Suède, deuxième pays d'accueil en Europe, derrière l'Allemagne.
Depuis le début de l'année, 366 402 personnes sont arrivées par la Méditerranée, selon le Haut-Commissariat de l'Onu (HCR) pour les réfugiés. Et 2 800 autres sont mortes ou ont été portées disparues.
Enfin, au-delà des frontières européennes, le Québec a annoncé qu'il accueillerait 3 650 réfugiés syriens d'ici à décembre.
(Source : AFP)


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