Au cours de la messe... Photo Ani
C'est sous le slogan « les gardiens ne se fatiguent pas » que la messe annuelle traditionnelle en mémoire des martyrs des Forces libanaises a été célébrée samedi en fin de journée à Maarab en présence d'une foule de personnalités politiques et des parents des martyrs. L'office divin a été présidé par le père Élias Andary, représentant le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï.
Étaient présents à la cérémonie, la ministre Alice Chaptini, représentant le président Michel Sleiman, le député Jamal Jarrah, représentant les anciens Premiers ministres Fouad Siniora et Saad Hariri, le député Nehmetallah Abinasr, représentant le général Michel Aoun, le leader du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, les ministres Michel Pharaon et Sejaan Azzi, M. Jad Akhaoui, représentant le ministre Nouhad Machnouk, le juge Mohammad Saab, représentant le ministre de la Justice Achraf Rifi, M. Camille Harb, représentant le ministre Boutros Harb, et les députés Nadim Gemayel, Farid el-Khazen, Riad Rahhal, Khodr Habib, Antoine Saad, Amine Wehbé, Serge Torsarkissian, Atef Majdalani, les députés FL, ainsi que Mme Solange Bachir Gemayel, le coordinateur du secrétariat général du 14 Mars, l'ancien député Farès Souhaid, Michel Moawad, Élie Mahfoud, et des représentants du Parti national libéral, du parti Tachnag, du secrétaire général du Courant du futur, du commandant en chef de l'armée et du directeur général des Forces de sécurité intérieure.
À l'issue de la cérémonie religieuse, le leader des FL, Samir Geagea, a prononcé une allocution axée sur les développements en cours sur le double plan local et régional, affirmant que la clé de la solution à la crise actuelle réside dans l'élection d'un président de la République et soulignant que les FL ne participeront pas à la conférence de dialogue convoquée par le président de la Chambre, Nabih Berry, que si l'ordre du jour se limite à l'élection présidentielle et si le Hezbollah s'engage à ne plus boycotter le scrutin en vue de l'élection du chef de l'État.
M. Geagea a mis l'accent d'emblée sur la pérennité de l'entité libanaise « qui s'est maintenue en dépit de toutes les occupations et des épreuves subies à travers les siècles ». Abordant la conjoncture présente dans le pays, M. Geagea a lancé un vibrant appel aux jeunes, les invitant à ne pas céder au désespoir. « Les déchets ont beau s'accumuler, la corruption a beau s'étendre, les courtiers ont beau augmenter en nombre, nous ne nous laisserons pas entraîner dans le désespoir et nous continuerons à faire preuve de détermination, a notamment déclaré M. Geagea. Nul ne doit songer à l'émigration. Il faudrait plutôt pousser à l'émigration ceux qui sont la cause de cette crise (...). Le désespoir représente l'un des facteurs du complot. Il est donc nécessaire de s'y opposer. »
Le leader des FL a, d'autre part, stigmatisé la gestion des services publics au cours des dernières années, dénonçant sur ce plan « l'incapacité et l'échec des gouvernements » qui se sont succédé au pouvoir. « Vingt-cinq ans après la fin de la guerre au Liban, a souligné M. Geagea, nous sommes toujours sans électricité et sans eau, l'état des routes est déplorable, à l'instar des services publics. Et maintenant, nous nous retrouvons avec les déchets. Pourtant, ces services publics nous ont coûté 70 milliards de dollars de dette publique, soit 20 000 dollars pour chacun d'entre nous. Partant de cette réalité, d'aucuns soulignent qu'il faut changer le système (politique en place). Mais depuis quand le système est à la base de la corruption ? La corruption est-elle le fruit d'un système déterminé ? Certains affirment que toute la classe politique est corrompue et qu'il faut donc la remplacer. Une partie de cette classe politique est, certes, corrompue, mais une autre partie ne l'est pas. »
Après avoir rappelé que les Forces libanaises avaient refusé de participer aux précédents gouvernements, à quelques exceptions près dues à des impératifs nationaux, M. Geagea a déploré que certaines personnalités du 8 Mars et du 14 Mars s'entendent sur le partage du gâteau « indépendamment des attitudes politiques contradictoires du 14 et du 8 Mars ». « Nous n'accepterons plus, désormais, une telle situation, a souligné le leader des FL. Dès à présent, je proclame une révolution républicaine globale contre la corruption, indépendamment du 14 et du 8 Mars. Nous ne nous contenterons plus désormais de ne pas participer à des gouvernements formés sur base d'un partage du gâteau, mais nous serons à l'avant-garde de l'opposition à de tels gouvernements car ce sont ces gouvernements qui nous ont entraînés dans la situation actuelle. »
La conférence de dialogue
Le leader des FL a, d'autre part, exhorté les jeunes qui sont descendus dans la rue ces derniers jours à ne pas relâcher la pression « jusqu'à obtenir l'élection du président de la République ». « Le moyen le plus facile et le plus rapide de régler les problèmes qui se posent actuellement au pays est d'élire un président de la République », a souligné M. Geagea qui a affirmé dans ce cadre que la crise qui secoue le pays est due à « la présence d'un mini-État au sein de l'État », dans une allusion à peine voilée au Hezbollah.
Abordant ensuite la conférence de dialogue convoquée par le chef du législatif, M. Geagea a mis l'accent sur le profond estime qu'il a pour M. Berry, indépendamment de la position des FL relative à l'opportunité du dialogue. Le leader des FL a rappelé dans ce cadre que les séances de dialogue national ont été initiées depuis 2006, et malgré le nombre élevé de réunions organisées dans ce cadre, le dialogue n'a abouti à aucun résultat. « Partant de l'expérience passée, a déclaré M. Geagea, les Forces libanaises ne participeront pas à la conférence de dialogue convoquée par le président de la Chambre, car nous estimons que ce sera une perte de temps. Toutefois, nous sommes disposés à revenir sur notre décision sur ce plan à deux conditions : que l'ordre de jour de la séance soit limitée à l'élection présidentielle et que le Hezbollah annonce au préalable qu'il renonce à boycotter les séances parlementaires consacrées à l'élection présidentielle. »
En conclusion, M. Geagea a souligné que le gouvernement actuel devrait partir « mais à condition qu'il ne soit pas remplacé par un gouvernement incapable et corrompu ».
Départ pour le Qatar
Signalons sur un autre plan que M. Geagea a entamé hier une visite officielle au Qatar à l'invitation des dirigeants de l'émirat avec lesquels il examinera les développements dans la région. Le leader des FL est accompagné d'une délégation comprenant le député de Becharré, Mme Sethrida Geagea, l'ancien ministre Tony Karam, le responsable du département des relations extérieures des FL, Pierre Bou Assi, et le responsable des relations avec le Golfe, Fady Salamé.


On n'en es plus à fleurir les monuments aux morts et à se regarder le nombril. Je suis d'accord que M.Geagea est actuellement le seul crédible. Mais que fait-il? Il faut se rapprocher du PM, c'est urgent Notre pays est au fond d'un puits sas fond
17 h 57, le 07 septembre 2015