Le parquet militaire de Beyrouth a accusé hier de « terrorisme » le cheikh radical Ahmad al-Assir, arrêté pour son implication dans des combats sanglants contre l'armée.
Le cheikh sunnite, qui était l'islamiste le plus recherché du Liban depuis deux ans, avait été arrêté le 15 août à l'aéroport de Beyrouth alors qu'il tentait d'embarquer à bord d'un avion pour le Nigeria via Le Caire en utilisant un faux passeport palestinien avec un visa nigérian en bonne et due forme.
« Le détenu Ahmad al-Assir est accusé d'avoir formé une bande armée dans le but de commettre des actes terroristes, d'avoir tué et tenté de tuer des militaires libanais », selon une source judiciaire. Il est également accusé d'avoir « planifié l'assassinat d'un nombre de personnalités politiques appartenant à une communauté religieuse », a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.
Ces chefs d'accusation sont passibles de la peine capitale. Ahmad al-Assir a été déféré devant le premier juge d'instruction pour un nouvel interrogatoire jeudi.
En 2014, la justice avait requis la peine de mort contre lui et 53 autres personnes pour des affrontements sanglants contre l'armée libanaise qui avaient tué 18 soldats et 11 hommes armés, à l'été 2013, à Abra, une banlieue de Saïda, au Liban-Sud.
Un homme interpellé il y a deux semaines à la suite des aveux du cheikh, Houssam Rifaï, a par ailleurs été libéré hier.
Arrestations en série
La Sûreté générale a en outre annoncé hier l'arrestation de quatre Libanais, deux ressortissants syriens ainsi que deux réfugiés palestiniens, soupçonnés pour les uns de liens avec des organisations jihadistes et pour les autres de faire passer des clandestins.
Deux Libanais ont été arrêtés pour appartenance à Daech. Un troisième Libanais, soupçonné d'avoir participé à des attaques terroristes contre l'armée libanaise, a également été arrêté. Le quatrième Libanais arrêté, originaire de Taanayel, dans la Békaa, est soupçonné d'avoir fait passer des clandestins sur le territoire.
Par ailleurs, un ressortissant syrien, soupçonné d'avoir aidé des groupes jihadistes dans le jurd de Ersal, dans la Békaa, a été arrêté. Un autre Syrien a été interpellé, soupçonné, lui, d'avoir fait entrer illégalement sur le territoire libanais des ressortissants syriens.
En ce qui concerne les réfugiés palestiniens arrêtés, l'un d'eux, soupçonné d'appartenir à Daech, est accusé de surveiller les mouvements de cadres de factions palestiniennes dans le camp de Aïn el-Héloué. Le deuxième est soupçonné d'appartenir à l'organisation du cheikh Sirajeddine Zreikat, porte-parole des Brigades Abdallah Azzam.
Signalons enfin qu'un hors-la-loi recherché par l'armée, Ali Moussa Dika, a péri hier dans un accrochage avec une patrouille de l'armée à Hezzine (Baalbeck). L'homme était notamment recherché pour avoir fait feu sur deux agents des FSI et des civils.

