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Liban - Éducation

L’école publique Rachel Eddé, à Sebael : histoire d’une résurrection

Grâce à une municipalité tenace et une coopération sans faille entre le public et le privé (et l'Italie), l'école officielle du village, qui était sur le point de fermer, accueillera cette année des élèves de tout le caza de Zghorta.

Jean-Gabriel Eddé, président de Sel de la Terre, prononçant son allocution : L’école publique comme agent de développement égalitaire.

Une municipalité tenace et des complicités nationales et européennes ont rendu possible la réalisation d'un rêve remontant aux années 70 : la construction d'une école primaire et complémentaire modèle à Sebael, un village du caza de Zghorta, niché à 700 mètres d'altitude. L'école porte le nom de Rachel Eddé, l'épouse prématurément disparue de Jean-Gabriel Michel Eddé. Marquée par une série d'allocutions, la cérémonie d'inauguration s'est tenue en présence notamment du ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, de l'archevêque maronite de Tripoli, Georges Aboujaoudé, de la députée Nayla Moawad, d'un représentant de l'ambassade d'Italie, du vice-président de la municipalité, William Bakhos, et d'une foule de notables dont l'ancien ministre Chakib Cortbawi, Michel Moawad et Tony Sleiman Frangié.

Solidarité et générosité. Sans ces deux qualités fondamentales, l'école publique Rachel Eddé, qui ferait pâlir d'envie bien des écoles privées, n'aurait pas existé. L'établissement est en effet le fruit d'une volonté de coopération sans faille manifestée par la municipalité de Sebael, qui a offert le terrain sur lequel est construite l'école, le président de cette municipalité, Habib Torbey, et son épouse Josianne, cheville ouvrière du projet, son cousin germain, Jean-Gabriel Eddé, président de l'association Sel de la Terre, qui en finance en partie la construction, l'ambassade d'Italie, qui y a contribué à hauteur de 400 000 dollars, l'Institut culturel français, présent sur le plan pédagogique, et enfin le ministère de l'Éducation nationale, qui, grâce à son directeur général Fady Yarak, a donné au projet une impulsion décisive.

Contrastes
Tout Sebael a fêté cet événement hors du commun. En contraste avec un nouveau bâtiment technique et chic, orienté sud, avec des salles de classe aux larges baies vitrées, équipées de tableaux interactifs offerts par la fondation CMA-CGM et de bancs individuels ergonomiques, en contraste avec le double mur, les doubles vitrages et une terrasse plantée, pour une meilleure isolation thermique, les habitants évoquaient encore, samedi, devant les visiteurs, une vieille école humide aux salles alignées comme des chenilles processionnaires, de sorte que, pour atteindre l'une, il faut traverser l'autre, des salles si froides en hiver que les doigts engourdis refusent de serrer les bics et les crayons, des salles mal éclairées et d'autres sans fenêtre du tout...

Ce n'est pas sans un grand sentiment de fierté que Jean-Gabriel Eddé a évoqué, dans une allocution, sa propre contribution au projet. « L'école publique gratuite que nous inaugurons, a-t-il expliqué, est l'héritière de cette " école sous le chêne " que le Synode libanais maronite de 1736 a institutionnalisée en instaurant l'enseignement obligatoire et gratuit aux enfants, 150 ans avant que ce ne soit le cas en France! »

Le crépuscule de la Nahda
Affirmant que le patrimoine maronite est, tout à la fois, « enracinement et ouverture », M. Eddé a rappelé que c'est l'école, c'est-à-dire l'enseignement, qui, au XIXe siècle, « a mis fin à six siècles de décadence du monde arabe ». Aujourd'hui, a-t-il repris, « les lumières de la Nahda ont baissé », et, de ce crépuscule, « le monde arabe ne sortira, encore une fois, que grâce à l'école (...), et à l'école publique avant tout, car c'est d'elle qu'il faut espérer l'égalité des chances entre tous les membres de la société ».

À son tour de parole, Josianne Torbey devait rendre hommage à tous ceux qui ont contribué non seulement à l'édification du nouveau bâtiment, mais à garder vivant un rêve dont elle se considère la gardienne. Architecte, Mme Torbey ne s'est pas limitée à concevoir un bâtiment unique en son genre ; elle a su insuffler à ceux qui l'entouraient la vision d'une école publique qui fera la différence dans le système éducatif libanais, en mettant à la disposition de tous une éducation à la hauteur des défis du XXIe siècle.
La construction de deux autres bâtiments est prévue, a-t-elle promis. L'un pour libérer les espaces nécessaires à l'aménagement de laboratoires, de salles de professeurs, une bibliothèque publique et des ateliers, l'autre pour abriter l'école secondaire Assaad Sebaali, afin de regrouper tous les bâtiments de l'école publique. Mme Torbey a tenu à remercier spécialement Nayla Moawad, qui l'a discrètement dirigée, en un moment de perplexité, vers l'ambassade d'Italie.

Capacité d'accueil de 360 élèves
Pour sa part, le ministre de l'Éducation a dit son bonheur d'assister à l'inauguration d'un bâtiment qui incarne de façon éclatante les espoirs tenacement poursuivis par Sebael depuis les années 70. Sur les 1 650 écoles publiques au Liban, ce bâtiment est unique, s'est-il exclamé, non sans critiquer, au nom du partenariat islamo-chrétien, le favoritisme qui règne au sein de l'État, et la construction d'écoles dans des villages où il n'existe pas de demande scolaire.
L'école publique de Sebael dépérissait, a rappelé M. Bou Saab, précisant qu'il y a trois ans, il n'y restait plus que 50 élèves et qu'on en envisageait la fermeture. Le nouveau bâtiment, lui, pourra en accueillir 360, et l'on prévoit qu'il fonctionnera à pleine capacité dès cette année, attirant des élèves de tout le caza, grâce aux cars de ramassage dont l'a doté la fondation Sel de la Terre. Une véritable résurrection !

À la fin de la cérémonie, qui a été ponctuée par la projection d'un court métrage et un intermède musical de Marie Doueihy, les officiels se sont dirigés vers le bâtiment. C'est à Yara Eddé, fille de Jean-Gabriel et de Rachel Eddé, qu'est revenu l'honneur de couper le ruban traditionnel. Une visite des salles de classes a suivi, conduite par Mgr Aboujaoudé, qui les a aspergées l'une après l'autre d'eau bénite. Dîner, fête et dabké ont suivi jusqu'à tard dans la nuit.

 

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Une municipalité tenace et des complicités nationales et européennes ont rendu possible la réalisation d'un rêve remontant aux années 70 : la construction d'une école primaire et complémentaire modèle à Sebael, un village du caza de Zghorta, niché à 700 mètres d'altitude. L'école porte le nom de Rachel Eddé, l'épouse prématurément disparue de Jean-Gabriel Michel Eddé. Marquée par une série d'allocutions, la cérémonie d'inauguration s'est tenue en présence notamment du ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, de l'archevêque maronite de Tripoli, Georges Aboujaoudé, de la députée Nayla Moawad, d'un représentant de l'ambassade d'Italie, du vice-président de la municipalité, William Bakhos, et d'une foule de notables dont l'ancien ministre Chakib Cortbawi, Michel Moawad et Tony Sleiman Frangié.Solidarité...
commentaires (2)

Montrez-nous plus de photos de l'école, on a plus envie de voir ce beau projet que des personnes qui ont assisté à la cérémonie!!!

Soraya Naufal

07 h 53, le 25 août 2015

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Commentaires (2)

  • Montrez-nous plus de photos de l'école, on a plus envie de voir ce beau projet que des personnes qui ont assisté à la cérémonie!!!

    Soraya Naufal

    07 h 53, le 25 août 2015

  • "Une visite des salles de classes a suivi, conduite par Mgr Aboujaoudé, qui les a aspergées l'une après l'autre d'eau bénite." ! Si c'est une école PUBLIQUE, qu'est-ce que vient faire alors là-dedans cette "eau bénite" ? Uuuuuuft, ça devient vraiment chî tïîîîlé ktîîîr, ce coinnisme maronitique !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 27, le 25 août 2015

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