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Culture - Chanson

Le Déserteur *

Messieurs les non-présidents
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
Je suis un citoyen
Des plus simples et moyens
Qui habite cette terre
Depuis la nuit des temps.
Messieurs les non-présidents
Cela fait plus de trente ans
Que coule sur cette terre
Des flots de larmes et de sang
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
J'abandonne le Liban.

Depuis ma tendre jeunesse
J'ai vu mourir mes frères
Partir amis et confrères
Puis pleurer mes enfants.
On a tant et tant souffert
Qu'on est à mi-tombe
Narguant fusils et bombes
Faisant fi de la haine.
Mais maintenant, c'est fini.

On m'a volé mon âme
On m'a volé mes larmes
Et tout mon cher passé.
On a tout accepté
Coupures d'électricité
Quasi-pauvreté
Jusqu'au monticule de saletés.
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes,
J'irai sur les chemins.

Je mendierai ma vie
Sur les routes du Liban
De Tripoli à Saïda
Et je crierai aux gens :
« Refusez d'obéir,
Refusez d'élire,
Ne croyez plus personne,
ils n'aiment que leur personne. »
S'il faut donner sa voix
Allez donner la vôtre
Vous êtes bons apôtres
Messieurs les non-présidents.
Si vous me poursuivez
Je rallierai les autres
Dignité avant tout
Sera désormais mon slogan.

* Chanson inspirée du « Déserteur », écrite par Boris Vian et réadaptée par Colette Khalaf à la suite des événements du week-end.

Messieurs les non-présidentsJe vous fais une lettreQue vous lirez peut-êtreSi vous avez le temps.Je suis un citoyenDes plus simples et moyensQui habite cette terreDepuis la nuit des temps.Messieurs les non-présidentsCela fait plus de trente ansQue coule sur cette terreDes flots de larmes et de sangIl faut que je vous diseMa décision est priseJ'abandonne le Liban.
Depuis ma tendre jeunesseJ'ai vu mourir mes frèresPartir amis et confrèresPuis pleurer mes enfants.On a tant et tant souffertQu'on est à mi-tombeNarguant fusils et bombesFaisant fi de la haine.Mais maintenant, c'est fini.
On m'a volé mon âmeOn m'a volé mes larmesEt tout mon cher passé.On a tout acceptéCoupures d'électricitéQuasi-pauvretéJusqu'au monticule de saletés.Demain de bon matinJe fermerai ma porteAu nez des années mortes,J'irai sur les chemins.
Je...
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