« L’Orient-Le Jour » sait déjà à quoi va ressembler Titan, le véhicule autonome d’Apple.
Le géant technologique Apple semble s'attaquer à l'industrie automobile. Cela fait un moment que les rumeurs courent que la marque à la pomme croquée essaye de percer le monde des véhicules électriques, et bien plus, des véhicules autonomes. Après maints amuse-bouches genre iCar, CarPlay et Apple Car, une appelation vient de nous tomber dessus : projet Titan. Bien que les détails n'aient pas encore fait surface, on peut d'ores et déjà confirmer l'objectif d'Apple. Toutes les spéculations commencent à prendre corps, la compagnie réputée par sa discrétion n'ayant pas pu garder ce projet dans sa boîte à idées confidentielle. Ces derniers temps, Apple a résisté à la tentation d'acquérir Tesla Motors, malgré la pression des investisseurs. Par contre, Tim Cook, successeur de Steve Jobs, a rencontré plusieurs constructeurs automobiles, dont BMW, montrant une attention particulière à l'un de leurs nouveaux fleurons, l'i3, révélation hybride de l'année 2014. Par ailleurs, le CEO d'Apple a aussi mentionné son désir d'« intervenir dans la voiture ».
Bien sûr, les dirigeants de la firme de Cuppertino ne sont pas les premiers à vouloir planter leur drapeau sur l'autonomie véhiculaire. L'idée n'est pas récente non plus. Les Allemands ont déjà réussi à concevoir des véhicules qui peuvent comprendre et retenir un circuit pour pouvoir en faire un tour plus rapidement qu'un pilote de course. La nouveauté – et le vrai défi est là – est la translation de cette technologie à l'infrastructure citadine. Tesla, Google, Mercedes-Benz, Volkswagen et bien d'autres sont d'ores et déjà des produits en phase de développement, ayant signé des contrats avec l'État de Californie pour les tester dans les routes publiques. Gardant ses secrets sous clé, Apple n'a pas opté pour la même procédure, qui demande une clarification technique et commerciale des plans et produits, mais a plutôt cherché à se mettre en contact avec GoMentum Station, une base navale transformée en terrain d'essai pour véhicules autonomes. Si ces arguments ne sont pas suffisants pour dénoncer les ambitions d'Apple, il faudrait se tourner vers l'activité récente de recrutement du fabricant de téléphones, tablettes et ordinateurs. L'année 2015 a vu un changement d'emploi pour Douglas Bett, ex-chef qualité de Fiat-Chrysler, ainsi que Paul Furgale, chercheur suisse de l'autonomie véhiculaire, au sein du groupe. Apple approche aussi sans états d'âme les employés des constructeurs automobiles et fabricants de batteries, allant même jusqu'à offrir une prime de 250 000 dollars à la signature d'embauche pour les employés de Tesla. En tout, une équipe de plus de 1 000 personnes est prévue pour mener ce projet à terme.
Si la chance et le succès lui sourient, Apple espère entamer la production de Titan vers 2020 : ce n'est pas demain la veille, en d'autres termes, pas pour demain. L'attente sera longue et la stricte confidentialité de la firme fera qu'on ne verra jamais une photo du prototype glisser sur le web. On est encore loin de pouvoir rentrer dans un showroom et choisir tranquillement un véhicule autonome. Même si la technologie sera accessible dans les quelques années à venir, ces voitures doivent passer plusieurs obstacles tels des accords gouvernementaux et politiques, l'adaptation à l'infrastructure et, à ne pas ignorer, le manque de confiance ainsi que la crainte de perte de plaisir des motoristes. À en juger par ses exploits passés, c'est le génie marketing d'Apple qui va réussir à endormir ces doutes.


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