Artistes des rues en voie de disparition. Spencer Platt/Getty Images/AFP
Elles sont nues, si ce n'est pour un string et de la peinture sur les seins, et elles posent avec vous sur la plus célèbre place de New York, en échange d'un bon pourboire. Mais ces « artistes de rue », comme elles aiment à se présenter, leur poitrine généreuse, leurs talons hauts et un N et un Y sur les fesses, ont du mal à conquérir le cœur de la presse new-yorkaise et encore moins celui du gouverneur de l'État, Andrew Cuomo, qui veut qu'elles partent. Et vite. « Je pense que c'est illégal, je pense que nous devons appliquer la loi et nettoyer tout ça, et c'est exactement ce que nous allons faire », a-t-il promis. « Ce n'est pas bien », a renchéri le maire de la ville, Bill de Blasio, et « nous allons nous y attaquer de façon très agressive. »
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Elles étaient jusque-là une douzaine à venir tous les jours, mais face à la levée de boucliers, seule une toute petite poignée continue à défier les autorités. Times Square Alliance – l'association qui supervise les activités du quartier – souligne que les visiteurs se plaignent, pas seulement des seins nus, mais aussi d'autres personnes déguisées en personnage de bandes dessinées.
Mais qu'en pense l'un des piliers de la place, mondialement célèbre, le Naked Cowboy ? Qu'il pleuve ou qu'il vente, depuis 16 ans, Robert Burck vient sur Times Square, en slip blanc, chapeau et bottes de cow-boy assorties, la guitare en bandoulière. Pour marquer sa différence et sa désapprobation, il a même porté un haut de bikini aux couleurs du drapeau américain. Il souligne que contrairement aux autres artistes de rue, il attend que les gens viennent vers lui. « Je pense qu'ils ont franchi une ligne rouge, ils font la manche de façon très agressive », estime-t-il.
Selon la loi, il est tout à fait légal de se promener torse nu à New York. Le premier amendement de la Constitution des États-Unis permet de se promener dans la rue dans n'importe quel costume et de faire la manche dans la rue. Les autorités n'ont donc guère de marge de manœuvre si elles veulent mener leurs promesses à bien. La seule chose interdite, c'est de quémander de façon agressive.
Le Daily News, un des tabloïds de la ville qui fait campagne pour que les jeunes femmes soient interdites sur la place, propose de faire un parc de Times Square. Faire la manche y serait ainsi interdit.
Jennie MATTHEW/ AFP
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